Obama aussi courtise discrètement les riches (blog Libé)
La rédaction - - 0 commentaires"Ce n’est pas vraiment une affaire Bettencourt, mais tout de même." Lorraine Millot, correspondante de Libération à Washington revient sur son blog sur un article de Politico. Très influent dans les hautes sphères de la politique américaine, le site s'indigne: "Quatre fois ces derniers jours, Barack Obama a laissé tomber les affaires de l’Etat pour aller quêter l'argent de quelques très généreux financiers du parti démocrate, certains d’entre eux payant jusqu’à 30 000 dollars cette chance d’échanger quelques mots avec le président."
La pratique est habituelle aux Etats-Unis. Elle n'est pas illégale, puisque les dons de personnes physiques aux partis politiques ne sont pas plafonnés dans le pays. Et ces collectes "sont omniprésentes dans la vie (politique) américaine", souligne Millot. Mais Obama avait promis d'afficher davantage de transparence lors de ces campagnes de financement. Et Politico s'indigne que le Président américain, "contrairement à ses promesses, tienne les journalistes à l’écart de ses rendez-vous avec les riches". |
La journaliste de Libé détaille:"Politico cite Marc Cooper, professeur en journalisme à l’université de Southern California, pour qui Obama «revient» là sur ses promesses de transparence. «Dans un système politique où l’argent est aussi important, nous devrions entendre ce qu’il leur dit» plaide Marc Cooper. «Je voudrais savoir qui donc sont-ils (ces gens qui paient 30 000 dollars pour voir le président, ndlr). Je veux tout savoir». Robert Gibbs, le porte-parole de la Maison Blanche, se défend en assurant que tous les propos «formels » de Barack Obama sont ouverts à la presse mais que en l’occurrence le président ne fait pas de tels discours."
Obama ne s'arrêtera d'ailleurs pas là, puisque selon CBS, "ce jeudi il rencontrera ses donateurs dans son fief de Chicago puis, d’ici ses vacances prévues le 19 août, son «blitz» dans les portefeuilles des riches et super-riches le mènera à Austin, Dallas, Milwaukee, Los Angeles, Seattle, Colombus et Miami" ! Le Président entend ainsi donner un coup de main financier aux parlementaires démocrates lors des prochaines élections législatives de novembre. Ces derniers lui ont en effet permis de faire passer les réformes du système de santé et du système financier. Et cette réforme leur coûte cher : le Washington Post révélait le 6 juillet que les dons de Wall Street aux comités électoraux des démocrates sont en baisse de 65% par rapport à 2008, année des précédentes élections !
Ce système de financement, via des rencontres privilégiées avec les stars de la politique, a été copié par l'UMP lorsque son trésorier Eric Woerth a lancé le fameux "Premier cercle" des donateurs. Mais aux Etats-Unis, ironise la journaliste de Libé en référence aux accusations de l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, "contrairement à ce qui se passe, paraît-il, dans d’autres pays, personne ne remet directement d’enveloppe au Président."
(Par Jean-Yves Alric)