Notre-Dame-des-Landes : qui a agressé un vigile ?

Laure Daussy - - 0 commentaires

Qui sont les agresseurs du vigile blessé à Notre-Dame-Des-Landes, sur les lieux du futur aéroport?

Selon Acrimed, la presse a un peu trop vite accusé les "opposants", alors que rien n'a été confirmé. Qu'en est-il ?

L'information a été donnée en premier par le Figaro.fr, et se fonde sur Michaël Doré, sous-préfet de la région Pays-de-la-Loire. Mais l'article du Figaro ne parle pas d'"opposants", il emploie le terme d"inconnus cagoulés". "Vers 3 h 30, l'agent de gardiennage a été pris pour cible par une vingtaine d'inconnus cagoulés et armés de gourdins alors qu'il était posté, au volant de sa voiture, devant une maison récemment évacuée. Les agresseurs ont aspergé son véhicule de produit inflammable", précise ainsi l'article.

C'est l'AFP qui établit peut-être un peu trop vite un lien avec des "opposants", en publiant une dépêche le même jour intitulée : "Aéroport Notre-Dame-des-Landes : un agent de sécurité blessé par des opposants". Comme toujours, plusieurs sites internet reprennent telle quelle la dépêche, et la mention des "opposants" se retrouve donc à plusieurs reprises, ici dans le texte du Parisien.fr,

picto ou ici en titre sur LCI.tf1.fr.

Pourtant, au sein de la dépêche, la préfecture est interviewée, et n'emploie à aucun moment le terme d'opposant, mais "d'individus cagoulés et armés de gourdins".

Qui parle d'opposants? C'est en fait Jacques Auxiette, président PS de la région Pays de la Loire qui emploie le terme dans un communiqué, repris par l'AFP, où il condamne"la dérive criminelle des opposants". Sur le site d'extrême-gauche Indymédia, des personnes se présentant comme des "opposants" revendiquent dans un communiqué (mais non authentifié) l'incendie du véhicule du vigile, comme on nous le signale sur Twitter. Dans ce communiqué, les "opposants" assurent que le vigile "n'a recu aucun coup". D'après le sous-préfet de la région Pays de la Loire, interrogé par l'AFP, la version n'était pas la même : "Ils ont discuté pour savoir s'ils le laissaient dedans (ndlr : après avoir aspergé son véhicule de produit inflammable), avant de finalement le sortir et le rouer de coups". De son côté, l'Acipa, principale association d'opposants au projet d'aéroport, a condamné sur son compte Twitter cette agression, soulignant qu'elle "ne peut cautionner ce genre d'agissements extrêmement violents et inadmissibles", tout en ajoutant qu'une "provocation visant à discréditer le mouvement n'est pas à exclure."

Retrouvez ici notre dossier spécial Notre-Dame-des-Landes.

Mise à jour, le vendredi 16 novembre, à 18 heures : ajout du communiqué publié sur Indymedia.

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