Massacre / armes : Obama prudent (presse US)

Gilles Klein - - 0 commentaires

En visite à Newtown après le massacre qui a fait 28 morts dont 20 enfants, Obama est resté aussi flou dans ses intentions que lors de son intervention depuis la Maison Blanche. La presse populaire le pousse à prendre des mesures contre les armes, tandis que le Washington Post souligne que l'opinion semble de moins en moins favorable à une nouvelle législation sur les armes.

Les tabloïds New York Daily News (environ 600 000 exemplaires) et New York Post (550 000 exemplaires) titrent sur la visite d'Obama et l'incitent à agir vite et fort. Dans le même temps on note la discrétion de la National Rifle Association (NRA) dont le compte Twitter est inactif depuis le drame, alors qu'il y avait plusieurs messages chaque jour avant la tuerie.

"Obama : je vais m'occuper des armes" résume la position d'Obama qui n'a pourtant pas prononcé cette phrase, semble-t-il.

"Oui, oui, oui, nous devons essayer. Frappez fort, Mr President, pour les enfants de Newtown et pour tous les autres morts", dit à Obama l'éditorial du New York Daily News en page 24. En plus des 9 pages consacrées au massacre, et au débat sur les armes.

Le quotidien, malgré la prudence présidentielle, croit voir des signes indiquant qu'Obama "va affronter lobby des armes".

En pages intérieures, sous le bandeau "Massacre à Newtown" dans les articles titrés "Aimer les enfants, pas les armes" "Agir maintenant avant que d'autres ne meurent", le quotidien ajoute qu'Obama est sous pression.

"ASSEZ ! le Président : nous ne pouvons plus tolérer que cela se reproduise" : la Une plus 9 pages pour le New York Post. Le quotidien rappelle que le maire de New York, Michael Bloomberg "critique sévèrement Obama qui fait que dalle contre les armes".

Moins d'Américains favorables à des lois plus sévères




Le Washington Post souligne, page 2, qu'en 1990, près de 8 Américains sur 10 étaient favorables à des lois plus sévères concernant les armes. En août 2012, après Aurora (20 juillet, 12 morts, 58 blessés) un sondage Washington Post-ABC News ne trouvait plus que 50% d'électeurs inscrits sur les listes électorales favorables à des lois plus strictes.

Le quotidien ajoute qu'après chaque massacre, la majorité des personnes interrogées semblent le considérer comme un incident isolé : ce fut le cas pour la tuerie du cinéma d'Aurora (Colorado cet été). Deux tiers des personnes interrogées ont considéré que le drame était simplement dû à une personne dérangée. Idem pour Virginia Tech en 2007 (32 morts).

Le Washington Post précise, en outre, que lors des débats de la dernière campagne présidentielle, aussi bien Romney qu'Obama se sont déclarés d'accord sur le fait qu'il n'y avait pas besoin de nouvelles lois sur les armes, qu'il suffisait d'appliquer ou de renforcer celles qui existent déjà.

En page 11, le deuxième article titre : "Les défenseurs des armes sont sur la défensive".

Le journal cite l'économiste John Lot, auteur du livre Plus d'armes, moins de crimes qui estime qu'aucune loi n'aurait pu empêcher le massacre, que l'on parle beaucoup du fusil d'assault Bushamaster utilisé par le tueur, alors qu'une arme de chasse semi-automatique aurait fait, selon lui, autant de dégats.

Pour Lot, les armes sont une réponse à la violence, pas une cause. Il ajoute que les plus grands massacres ont eu lieu là où les armes sont interdites, comme dans les écoles.

"Nous allons devoir bouger" : le Chicago Tribune reprend une citation d'Obama avec la même photo que le Washington Post.

"Pouvons-nous honnêtement dire que nous faisons assez pour protéger nos enfants ? J'ai réfléchi ces jours-ci, et je me suis dit que si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, la réponse est non. Nous ne faisons pas assez, nous allons devoir bouger." Une phrase floue et générale qui ne peut que remporter l'approbation, sans jamais mentionner le problème des armes.

Le quotidien rappelle qu'il n'y a pas eu de nouvelle loi sur les armes depuis 1994. Une sénatrice démocrate, Dianne Feinstein, voudrait limiter la vente des chargeurs de cartouches à grande capacité, et celle des fusils d'assaut comme celui qui a été utilisé par le tueur de Newtown.

Feinstein avait déja fait cette proposition, en vain, en 2004.


"Une ville au coeur brisé pleure ses enfants", pour le Denver Post, avec la même image recadrée.

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