MAM, Dati, et l'escroc présumé : Parisien et Figaro contradictoires

Gilles Klein - - 0 commentaires

Michèle Alliot-Marie (alors ministre de l'Intérieur) a écrit à Rachida Dati (alors ministre de la Justice) en faveur d'un responsable de société qui faisait l'objet d'une information judiciaire. L'information était évoquée par le Figaro dans son édition d'hier. Aujourd'hui, c'est Le Parisien qui lui consacre une double page, nettement plus détaillée, en reproduisant la lettre d'Alliot-Marie et en évoquant son contenu. Les versions des deux journaux sont contradictoires.

"La justice a mis au jour une escroquerie présumée par l’intermédiaire de bornes installées dans les cafés": c'est en faveur de son responsable présumé qu'Alliot-Marie est intervenue auprès de Dati. Le Parisien reproduit une partie de la lettre, datée de juillet 2008 dont des copies ont été retrouvées "par les enquêteurs chez plusieurs cafetiers" , en bas de la double page qu'il consacre à l'affaire (qui concernerait 700 machines censées proposer un accès Internet alors qu'elles serviraient principalement à un jeu de hasard illégal détaillé par Le Parisien), sous la photo du responsable de la société Visionex qui plaçait ces fameuses bornes. Alliot-Marie explique à Dati que ce monsieur "n'avait pas d'intention coupable" et la "remercie de l'attention" qu'elle portera à ce dossier. Interrogée par Le Parisien, sur les suites données à cette lettre, Dati a fait répondre "Il y a des courriers qu'on traite, et des courriers qu'on classe"

La présentation de l'article du Figaro publié mercredi, est à l'opposé de celle du Parisien. La société dont le fonctionnement et la probité sont mis en cause par l'enquête du Parisien, est présentée ainsi dans le chapeau du Figaro : "Une PME poursuivie par les RG dénonce une manipulation. Elle est soutenue par un ex-garde des Sceaux."

. "L’affaire aurait pu se résumer à une guerre d’usure entre la sous-direction des courses et jeux du ministère de l’Intérieur et le tenace dirigeant de la PME qui a conçu les bornes. Le dossier a en fait une autre particularité : voilà plusieurs années que tous ses rebondissements sont connus au sommet de l’État sans qu’aucun ministère n’ait clairement tranché le conflit.

"Preuve en est cette lettre datée du 21 juillet 2008 et lue par le président du tribunal lors de l’audience de Carcassonne. Pas moins de trois noms de ministres y figurent : signé de Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l’Intérieur, le courrier est adressé à Rachida Dati, alors ministre de la Justice, et il évoque aussi le nom d’Albin Chalandon : l’ancien garde des Sceaux, ainsi que son fils Fabien, tous les deux convaincus que la petite entreprise est victime d’une manipulation, ont en effet depuis deux ans remué ciel et terre pour faire entendre la cause de la PME."

Le Figaro mercredi 12 mai 2010 picto

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