L'Ouganda choqué par le Premier ministre espagnol
Gilles Klein - - 0 commentaires
"Nous sommes la quatrième puissance européenne, l'Espagne n'est pas l'Ouganda" : ce SMS envoyé par le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy à son ministre des Finances a déclenché la colère des Ougandais, de leur gouvernement, et de la presse.
Mais un quotidien en profite aussi pour un réfléchir avec lucidité sur l'état de l'Ouganda.
Henry Okello Oryem, le ministre ougandais des Affaires étrangères, a déclaré que le SMS était méprisant et qu'il rappelait l'époque coloniale. Il a aussi invité le Premier ministre espagnol à visiter son pays. |
Les réactions ont bien sûr aussi fusé sur Twitter :
"Les Ougandais répondent au ministre espagnol." | "Cher Rajoy, vous avez raison. L'Espagne n'est pas l'Ouganda. La croissance de l'Espagne est négative. La croissance de l'Ouganda est 5,2%." |
Mais la réflexion le plus intéressante est à chercher dans la presse. "Oui l'Ouganda n'est pas l'Espagne, mais que voyons-nous dans le miroir ?", se demande avec lucidité le Daily Monitor ougandais. Le quotidien commence par dire que Rajoy a raison quand il dit que l'économie espagnole a plus d'importance que celle de l'Ouganda dans le monde : "C'est triste, mais c'est vrai." Il se dit choqué par les remarques de leaders étrangers comme Rajoy, mais affirme être encore plus choqué par "notre propre indifférence" au fait que lors de son indépendance en 1962, l'Ouganda avait de belles perspectives de développement devant lui, qui ne se sont jamais concrétisées. "50 ans plus tard, nous importons des produits Samsung et LG de Corée du Sud, nous envoyons nos enfants se prostituer en Malaisie, sans être capables de produire une batterie de mobile ou un étui en plastique", écrit le journal. Il fait ensuite référence au célèbre dictateur Idi Amin Dada, qui a régné sur le pays de 1971 à 1979 : "Nous nous plaignons des références constantes à Idi Amin, bien qu'il ait quitté le pouvoir il y a plus de 30 ans, mais nous restons silencieux devant le fait qu'après avoir été ravagé par 20 ans de guerre civile, un tiers du pays est plongé dans la pauvreté", déplore l'article, qui insiste en conclusion sur les "rêves brisés" de l'Ouganda. |