Libération et les "délires immobiliers" d'Alain Minc
Gilles Klein - - 0 commentairesLa rubrique Desintox de Libération s'intéresse aux déclarations d'Alain Minc sur la crise économique et sur l'attitude des dirigeants.
| "C’est un effet de la crise : elle transforme en chantres de vertu ceux
qui étaient les rouages du capitalisme le plus débridé. En pleine
tempête sur la rémunération des patrons, Alain Minc a ainsi signé ces
jours-ci dans le Figaro une tribune adressée à ses «amis de la classe
dirigeante». Il vitupère leur «autisme», leur «inconscience» et les
enjoint de se «reprendre» . C’est une supplique amusante quand on songe
que Minc participa, en qualité d’administrateur de Vinci, à la fixation
de la colossale rémunération d’Antoine Zacharias." "Alain Minc se fait une idée assez fausse du train de vie des ouvriers du BTP ou des joies de l’actionnariat salarié chez Vinci. En octobre dernier déjà, lors d’une interview au Figaro, il avait déjà assumé son soutien aux émoluments de Zacharias et évoqué la «maison de campagne» que les salariés de Vinci s’étaient offerts «avec leurs actions Vinci» . Une affirmation qui est, selon les syndicats du groupe, «une énorme connerie» (pour René Defroment de la CGT), (...) Les salariés de Vinci détiennent environ 8,2 % du capital du groupe,(...) Le rapport annuel 2008 du groupe Vinci indique que " l’actionnariat salarié représente 89 236 salariés de Vinci dans le monde (...) Leur portefeuille moyen s’élève à 12 000 euros. Pas vraiment de quoi s’acheter une maison de campagne." |
La lettre ouverte d'Alain Minc a eu les honneurs de la Une du Figaro du 23 mars, et elle occupait près d'une demi-page à l'intérieur du journal : "Nul ne peut me soupçonner d’être votre ennemi : c’est plutôt le
reproche inverse que je subis à longueur de colonnes dans les journaux." disait la première phrase de Minc de cette missive adressée aux grands patrons qu'il conseille depuis des années, et il prédisait, à la fin de son texte, un avenir sombre : "Ignorez-vous que la quête de boucs émissaires est une constante de
notre histoire et que 1789 se joue en 1788 ? Sentez-vous le grondement
populiste, la rancoeur des aigris mais aussi le sentiment d’iniquité
qui parcourt, comme une lame de fond, le pays ? Acceptez-vous de
méditer ce mot de la comtesse de Boigne, une habituée des révolutions :
« Les peuples ont l’instinct de leur approche ; ils éprouvent un
malaise général. Mais les personnes haut placées n’aperçoivent le
danger que lorsqu’il est devenu irrésistible » ?"