Libé en voyage de presse en Chine
Gilles Klein - - 0 commentairesLibé dans les pas de Mestrallet. "Libération a accompagné le patron de GDF-Suez en Chine, dans la ville la plus peuplée du monde. Objectif : la quête de très gros contrats dans l’eau, l’énergie et les déchets", explique le quotidien, qui consacre deux pages à son reportage. Et précise à la fin de l'article: "Libération a été invité dans le cadre d’un voyage de presse." Plutôt surprenant : longtemps, Libé s'est enorgueilli de ne pas participer aux voyages de presse.
"Le groupe français, qui réalise 1milliard d’euros de chiffre d’affaires en Chine, nourrit de grands projets pour Chongqing: cette «zone économique expérimentale» dépendant directement du Parti à Pékin est devenue l’équivalent, dans l’ouest du pays, de Shanghai, Tianjin et Canton. Bref, le nouveau «spot» business dans l’empire du Milieu", décrit Libé, qui suit Mestrallet heure par heure. "Chongqing by night surgit enfin : une immense forêt de tours grises se perd dans une drôle de mélasse atmosphérique. Sarcelles sur Yang Tsé… puissance mille. (...) C’est l’eau qui intéresse Mestrallet : Suez Environnement dessert déjà 14 millions d’habitants en Chine." Mestrallet à M.Cui, un officiel chinois: "Il paraît que vous avez découvert beaucoup de gaz de schiste dans le Sichuan?» Réponse: «200milliards de mètres cubes.» Les yeux du gazier brillent: «Ce serait drôle de faire du gaz de schiste ici alors que l’on nous empêche d’en chercher en France.»" "Un conseiller de Mestrallet en aparté: «M.Cui, on lui fera plaisir si la décision est rationnelle.» Faire plaisir ? Pour ce Français expatrié, «en Chine, rien ne se fait sans cadeau aux autorités locales». Des pots-de-vin? «Grand dieu jamais», jure évidemment l’entourage du PDG en prenant des airs de vierge effarouchée." |
L'auteur du reportage, Jean-Christophe Feraud, avait raconté le 15 septembre sur Twitter être "en goguette avec un boss du CAC40". En réponse à un commentaire ironique du fondateur du site Electron Libre, il s'était aussi expliqué sur le changement de position de Libé quant aux voyages de presse : "On fait du cas par cas, compte sur moi pour me sentir libre d'écrire ce que je veux, même des trucs méchants."