L'Europe, gros mot des primaires républicaines (New York Times)

Gilles Klein - - 0 commentaires

Nicholas D. Kristof, chroniqueur au New York Times, libéral (au sens américain, donc classé à gauche : il s'est opposé à l'invasion de l'Irak entre autres), souligne que l'Europe est un gros mot dans la primaire organisée pour choisir le candidat républicain. Un mépris de l'Europe qui repose, selon lui, sur l'ignorance et le chauvinisme américain.

"Quelle horreur ! Barack Obama cherche à transformer les Etats-Unis en prenant l’Europe pour modèle. «Il veut faire de nous un Etat providence à l'européenne», prévient Mitt Romney, le favori dans la course à l’investiture républicaine. Mille et une versions de cette vision terrifiante hantent les discours de Romney, qui assure que cela «empoisonnerait l'idée même de ce que sont les Etats-Unis»", écrit Kristof dans une chronique remarquée par Courrier International.

"Si les candidats républicains se livrent à ce genre d'attaque contre Obama, c'est parce que nombreux sont les Américains qui ont une vision caricaturale de l'Europe, considérée comme un système socialiste déliquescent et inefficace., estime le chroniqueur. Or l'idée élémentaire qui veut que l'Europe soit un échec est aussi dangereuse qu'erronée."

"Il est absurde de mépriser l'Europe. Après tout, par habitant, la Norvège est plus riche que les Etats-Unis. De plus, selon des chiffres du Bureau américain des statistiques de l'emploi, le PIB par habitant en France représentait 64 % de son équivalent américain en 1960. Il a atteint les 73 % en 2010. Zut alors ! Les socialistes nous rattrapent !"

"En 1960, en France, l'espérance de vie ne dépassait que de quelques mois celle des Etats-Unis, d'après l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE).

En 2009, les Français vivaient presque trois ans de plus que nous. En épousant l'idée caricaturale d'une Europe synonyme d'échec (...), nous ne faisons que trahir notre propre ignorance – et notre chauvinisme."

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