Les guerres internes d'Europe 1 racontées par LePoint.fr

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Bienvenue chez Lagardère, repaire de requins qui s'affrontent à coup de rumeurs et de coups tordus. C'est le paysage peu ragoutant que dépeint sur son blog Emmanuel Berretta, journaliste média du Point, lorsqu'il raconte l'été brûlant que vient de traverser Alexandre Bompard, le dirigeant d'Europe 1.

Dans un article fleuve, curieusement non publié dans Le Point de la semaine (le journaliste y signe en revanche un portrait du toxicomane Delarue), Berretta revient sur les affrontements en coulisse qui ont précédé et suivi la nomination par Nicolas Sarkozy du nouveau PDG de France Télévisions. Bompard était cité par nombre de connaisseurs comme le favori, mais c'est Rémy Pflimlin qui l'a emporté début juillet.

Dès lors, la situation est délicate pour Bompard, qui doit prouver à Arnaud Lagardère, qui dirige le groupe, qu'il est toujours motivé par le poste qu'il occupe depuis deux ans à Europe 1. Les rumeurs commencent à courir sur son licenciement probable, et sur l'agacement qu'il susciterait dans les plus hautes sphères. Bakchich annonce par exemple en juillet qu'il est viré.

Mais selon Berretta, c'est surtout le supérieur direct de Bompard, Didier Quillot, dirigeant de Lagardère active, qui s'est activé en coulisses pour obtenir sa tête. Berretta détaille et affirme que le 11 avril, au moment où le nom de Bompard commence à circuler, "Quillot aurait reçu Marc-Olivier Fogiel, l'animateur de la matinale, et Philippe Balland, le patron des programmes d'Europe 1" : «Quillot leur aurait annoncé son "plan de succession» : à lui la présidence «par intérim», tandis qu'eux seraient ses directeurs généraux, l'un chargé de l'info, l'autre des programmes et de l'antenne. Fogiel serait séduit et Balland ne dirait pas non. Quillot aurait alors prévenu la maison mère, rue de Presbourg, au siège de Lagardère. Au téléphone, il serait tombé sur Ramzi Khiroun, le porte-parole d'Arnaud Lagardère, qui nous confirme cet épisode. L'opération aurait été aussitôt stoppée. «D'abord, le choix de Bompard n'est pas acquis, et puis on ne veut pas de «saltimbanques» à la tête d'Europe 1. On veut un manager», lui répond Khiroun après avoir consulté Arnaud Lagardère, lequel, entre-temps, a vérifié auprès de son ami Nicolas Sarkozy que, en effet, le choix du président de France Télévisions n'était pas arrêté."

Mais le journaliste a obtenu deux versions opposées sur le rôle de Quillot les mois suivants : "Le 6 juillet, un comité exécutif se tient au siège du groupe Lagardère entre tous les patrons de branche. Nous sommes, à ce moment-là, au lendemain de l'officialisation de la candidature de Pflimlin pour la présidence de France Télévisions. Ici, deux versions diamétralement opposées circulent. Pour les uns, Quillot aurait été le seul à avoir défendu la tête de Bompard quand tous voulaient la guillotine. Mais selon une autre source, c'est Quillot qui, lorsque son tour fut venu, aurait dit : «Il n'y a pas de sujets pour moi. Le licenciement d'Alexandre Bompard est acquis. Je prends l'engagement devant vous de le virer le 15 septembre.»"

Très informé, l'article évoque un rendez-vous secret entre Lagardère et Bompard le 8 juillet. Selon la version que semble privilégier Berretta, Lagardère aurait été rassuré sur la fidélité de son poulain, et il aurait commencé à surveiller le comportement de Quillot… dont on dit beaucoup qu'il est aujourd'hui sur la sellette.

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