Les Français, des "Daniel Schneidermann en puissance" (Les Echos)

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La campagne présidentielle en cours serait-elle moribonde ? C'est ce que juge une journaliste des Echos, qui explique dans une tribune les raisons du désintérêt des Français pour la course à l'Elysée. Au rang desquelles, un sens critique trop aiguisé des électeurs.


"Ils se sont transformés en Daniel Schneidermann en puissance: ils décryptent tout, décèlent toutes les ficelles et comprennent immédiatement l'envers du décor."
Voilà comment un ministre, courageusement anonyme, a décrit les Français à la journaliste des Echos, Cécile Cornudet. Quelle est la raison de cet hommage, qui ne laisse bien sûr pas la rédaction d'@si insensible ? Le ministre essayait de justifier l'enthousiasme modéré des français pour cette campagne présidentielle.

"Dix jours après l'entrée en lice de Nicolas Sarkozy, dernier grand candidat à concourir, la campagne, qui devait vraiment démarrer, s'est comme assoupie", estime la tribune des Echos. En cause, des exercices de communication trop bien connus: "Les candidats défilent dans les usines, casque sur la tête, avec un air de déjà-vu en 2007", avance la journaliste.

Une impression de déjà vu qui est confirmée par des scénarios récurrents : " Les mêmes épisodes émaillent la campagne, comme la récolte des 500 signatures de Marine Le Pen ; les mêmes opérations de communication s'enchaînent -meeting à plus de 20 000 personnes, émission télévisée, livre censé dévoiler «l'hyper-intime». Les insultes fusent, comme pour animer désespérément cette pièce trop paresseuse."

Cette mollesse générale s'explique, selon la journaliste, par l'omniprésence de la crise économique : "L'interminable spectacle d'une Grèce à l'agonie a anesthésié les débats. Les Français n'osent plus rêver de jours meilleurs, les politiques s'interdisent le mot «promesse»."

(Jamel Benhassine)

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