L'émeute de Vancouver, toujours dans la presse canadienne
Gilles Klein - - 0 commentaires"Les émeutes qui se sont déroulées à Vancouver après la finale de hockey de la Stanley Cup le 15 juin continuent de générer beaucoup de colère, de recherche de responsables et d'autoflagellation", remarque l'éditorial du quotidien canadienCape Breton Post. Il constate que l'effet de groupe qui a alimenté une émeute géante est passé de la rue au Web, mais cette fois pour une dénonciation massive, en ligne, des émeutiers. Cette émeute dans la 3e ville du Canada déclenche un débat national, allant jusqu'à alimenter la xénophobie dans le courrier des lecteurs du National Post.
Le journal cite des commentaires online accompagnant la photo d'un émeutier avec sa crosse de hockey qui défonce des vitrines : "J'espère que quelqu'un va lui défoncer la tête comme la facade de la banque" ; "J'espère que la vie de ce cafard est définitivement foutue" ; "Si quelqu'un donne son adresse, on va aller le chercher". Les deux seules fois où Vancouver a connu de telles émeutes, c'était en 1938 quand des chômeurs ont affronté la police, et en 1994, dans la même compétition, lorsque l'équipe locale de hockey avait, comme le 15 juin 2011, perdu la Stanley Cup, détaille le Cape Breton Post. Cape Breton Post vendredi 24 juin 2011 |
L'agglomération de Vancouver, troisième ville du Canada, seule grande ville canadienne sur la côte Pacifique, abrite plus de 2 millions d'habitants (selon le recensement de 2006), dont 49,1% ont pour première langue l'anglais et 25,6% le chinois.
"Intéressons-nous aux racines de l'émeute de Vancouver" dit le titre du courrier publié, le 21 juin, par le très sérieux quotidien conservateur canadien anglophone National Post. Ce lecteur explique l'émeute de Vancouver par... la frustration des habitants canadiens de la ville face à l'immigration chinoise qui achèterait le centre-ville et ferait monter les prix de l'immobilier, tandis que les enfants immigrés réussiraient mieux leurs études que les enfants Canadiens. "Des avions remplis d'investisseurs venus de Chine continentale achètent les propriétés du centre-ville que les Canadiens ordinaires ne peuvent pas s'offrir (...) Les enfants des familles immigrés réussissent mieux à l'école que les autres, ils sont donc mieux placés pour sortir de l'université avec un diplôme. (...) cela pourrait être la raison pour laquelle beaucoup de ceux qui regardaient le match ont peu d'espoir en l'avenir. Tant que notre équipe gagnait, ils étaient fiers. Quand elle a perdu, ils se sont effondrés et ont exprimé leur frustration. (...) L'émeute de la semaine dernière indique qu'il se passe quelque chose, pas seulement la frustration du hockey." |
Pour en savoir plus sur la vague de cyber-délation, lisez notre observatoire. Cela veut-il dire qu'internet n'apporterait pas que du bon ? C'est la question posée par le matinaute aujourd'hui.
