L'élaboration du "discours élyséen" (Les Echos)

Gilles Klein - - 0 commentaires

"33 collaborateurs − des conseillers aux assistantes − qui travaillent à plein temps sur la parole élyséenne. Une organisation orchestrée par Franck Louvrier" plus des conseillers extérieurs : le quotidien économique Les Echos analyse la communication de Nicolas Sarkozy.

"33 collaborateurs − des conseillers aux assistantes − qui travaillent à plein temps sur la parole élyséenne. Une organisation orchestrée par Franck Louvrier" plus des conseillers extérieurs : le quotidien économique Les Echos analyse la communication de Nicolas Sarkozy.

"Un premier département englobe l’audiovisuel et le service photographique. Un deuxième recouvre le service de presse ainsi qu’une structure consacrée à l’organisation des déplacements. Enfin, un troisième service est dévolu à Internet avec le site elysees.fr, conçu par le publicitaire François de La Brosse. « Last but not least », c’est à un autre publicitaire, Thierry Saussez, qu’a été confiée l’orchestration des campagnes gouvernementales. Un système trop simple, trop transparent, pour se suffire à luimême. Car à cette structure ultralisible s’ajoutent, outre les rapports de force et les combats d’ego classiques, l’intervention d’« hommes du président » (...) au centre l’inamovible publicitaire Jean-Michel Goudard, qui dispose de son propre bureau à l’Elysée, à côté de celui de Christian Frémont, le directeur de cabinet du chef de l’Etat."

"Tous les matins, Goudard répond présent à la réunion stratégique matinale de 8 h 30, dans le fameux salon vert, récemment rafraîchi. Là, autour de la table, on trouve − entre autres − Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée, Henri Guaino, la plume du président, Catherine Pégard, ancienne rédactrice en chef du « Point » et conseillère politique, Raymond Soubie, conseiller social… « C’est le gouvernement bis », disent les habitués de la maison."

"Un gouvernement de l’ombre au côté duquel les conseillers extérieurs comme Pierre Charon, le patron de la chaîne Histoire Patrick Buisson, ou Pierre Giacometti, quarante-six ans, jouent un rôle officieux majeur. Ce dernier a pris en charge le délicat décryptage des études, des sondages et de l’état de l’opinion."


Dans une interview, Denis Muzet, sociologue et président de l'institut Médiascopie analyse la communication présidentielle : "sa cote de confiance est relativement faible. Surtout, sa parole est devenue inaudible. (...) au fur et à mesure qu’on s’enfonçait dans la crise, les faits dramatiques − chômage, plans sociaux... − ont parlé plus fort que les discours. Progressivement, sa parole s’est usée, et elle n’a plus aujourd’hui son pouvoir performatif. (...) Pendant longtemps, son talent a été d’être à la fois l’acteur et le rédacteur en chef du journal du jour, pensant l’action en même temps que la communication. Ce temps-là est révolu. Ce mode de gouvernance médiatique ne fonctionne plus. L’impact d’une interview télévisée ou d’un « discours du jeudi » n’excède plus quarante-huit heures. Et pourtant, la vie politique persiste à s’organiser selon un grand jeu de postures alors que, plus que jamais, les Français ont besoin de sens."

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