Leclerc et Leclerc, patrons des télés parlementaires

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Savez-vous différencier la Chaîne parlementaire-Assemblée nationale (LCP-AN) de sa très proche cousine Public Sénat ? Si vous avez du mal à distinguer ces deux antennes qui se partagent le même canal, sur la TNT notamment, votre tâche ne va pas être facilitée par les nominations de leurs nouveaux patrons.

Savez-vous différencier la Chaîne parlementaire-Assemblée nationale (LCP-AN) de sa très proche cousine Public Sénat ? Si vous avez du mal à distinguer ces deux antennes qui se partagent le même canal, sur la TNT notamment, votre tâche ne va pas être facilitée par les nominations de leurs nouveaux patrons.

Après Gilles Leclerc, chef du service politique de France 2, nommé à la tête de Public Sénat le 29 avril, c'est en effet... Gérard Leclerc, chef du service politique de France 3, qui vient d'être désigné pour prendre la tête de LCP-AN. Les deux hommes n'ont aucun lien de parenté.

Quatre candidats étaient en lice : le président sortant Richard Michel, et les journalistes Ulysse Gosset, Gérard Leclerc et Dominique Martinaud. La semaine dernière, ils avaient été auditionnés par un comité de sélection, composé de députés de tous les groupes, qui avait retenu deux noms : Michel et Leclerc. C'est le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, qui a finalement tranché.

Si ce n'est évidemment pas l'homonymie avec son futur homologue qui a avantagé Gérard Leclerc, le fait qu'il soit le demi-frère de Julien Clerc pourrait en revanche avoir joué en sa faveur. C'est du moins ce qu'affirme Le Monde paru hier, sous la plume du spécialiste des questions parlementaires Patrick Roger.

Le journaliste indique que le comité de sélection avait accordé 8 voix à Michel, contre 3 à Leclerc, "plongeant M. Accoyer dans l'embarras, car M. Michel n'est peut-être pas celui qui, spontanément, aurait eu sa préférence". Les relations entre le président de l'Assemblée et celui de LCP ne seraient en effet "pas au beau fixe" : "Pour M. Accoyer, M. Michel incarne l'héritage de la "période Debré", son prédécesseur, avec laquelle il a tellement hâte d'en finir." Mais surtout, écrit le journaliste, "M. Leclerc, demi-frère du chanteur Julien Clerc, bénéficie sans ambiguïté des faveurs de Nicolas Sarkozy". Pour les profanes, rappelons que Julien Clerc, demi-frère de Leclerc, est un ami proche de Carla Bruni.

Le Monde a-t-il mis les pieds dans le plat ? Accoyer a aussitôt réagi, rappelant qu'il suit "scrupuleusement la procédure" et qu'il ferait son choix "en âme et conscience, à l'abri de toute pression et en toute indépendance". Leclerc, lui, a adressé un droit de réponse au Monde et à l'AFP, regrettant d'être désigné comme "le favori de l'Elysée" : "Pas le moindre élément ne vient étayer cette allégation. Dans tous les postes de responsabilité que j'ai occupés depuis 1985 (...), je pense avoir fait preuve de ma totale indépendance à l'égard de tous les pouvoirs."

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