Le président égyptien a-t-il parlé à l'agence iranienne ?
Gilles Klein - - 0 commentairesInquiétude dans le monde diplomatique lundi 25 juin : le nouveau président égyptien Mohammed Morsi annonce, dans une interview à l'agence de presse iranienne Fars, un renforcement des relations avec l'Iran et une révision des accords de paix avec Israël. Mais l'agence officielle de presse égyptienne Mena dément formellement que le président ait parlé à Fars.
"Selon Fars, le nouveau président égyptien a prôné un renforcement des relations entre l'Iran et l'Egypte, rompues depuis plus de 30 ans, et annoncé qu'il souhaitait «réviser» les accords de paix avec Israël, dans une interview accordée à l'agence iranienne", explique l'AFP lundi, avant de citer le démenti du gouvernement égyptien diffusé le même jour : "«M. Morsi n'a donné aucun entretien à Fars et tout ce que cette agence a publié est sans fondement», a indiqué un porte-parole de la présidence, cité par l'agence officielle Mena." | L'interview sur le site de Fars avec une photo du président égyptien |
Diffusée lundi 25 juin par l'agence Fars, l'interview (accompagnée du démenti égyptien) a été largement reprise dans la presse internationale. Elle a fait la Une du Jerusalem Post (Israël), et le Diario de Noticias (Portugal) lui consacre une page. |
L'affaire déclenche même une polémique en Iran, signale Lemonde.fr : "L'agence de presse officielle IRNA se livre à un réquisitoire virulent contre sa consœur semi-officielle de Fars qui «ne respecte pas les principes professionnels et ne tient pas compte de la mission des médias à publier de vraies informations». IRNA va jusqu'à accuser Fars de se livrer à «des actes qui peuvent susciter des malentendus, mettant en danger la sécurité du pays». Pour le site d'info, le doute est plus que permis : "La voix de l'homme présenté comme M. Morsi, qui s'exprime en dialecte égyptien, ne ressemble pas du tout à celle du président élu, ni son registre de langage, même si les propos sont proches – à de grosses nuances près – de déclarations passées." L'agence Fars s'était déja fait remarquer, ajoute Lemonde.fr : "L'agence Fars, dirigée et financée par les gardiens de la révolution, la garde prétorienne de la République islamique, n'en est pas à son premier scoop bidon. Le 18 juin, elle avait annoncé des manœuvres militaires conjointes russes, chinoises et iraniennes en Syrie."
Fars maintient pourtant avoir interrogé le président. Hier mercredi, Morsi a fait annoncer qu'il porte plainte contre l'agence iranienne, selon Reuters : "Le cabinet du président élu égyptien Mohamed Morsi a décidé de porter plainte contre l'agence de presse iranienne Fars pour la diffusion d'une interview du responsable des Frères musulmans dans laquelle il dit vouloir améliorer les relations entre Le Caire et Téhéran, a déclaré mercredi le porte-parole de Morsi. «Le président Morsi n'a jamais été interviewé par l'agence de presse iranienne Fars. L'interview a été fabriquée et le cabinet présidentiel a entrepris des démarches en justice contre l'agence», a déclaré Yasser Ali à Reuters."