Le Point / Grande distribution : et Pinault ? (M.E. Leclerc)

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Dans son édition du 18 mars, Le Point enquêtait sur la face cachée de la grande distribution. Un sujet qui n'a pas manqué de faire réagir Michel-Edouard Leclerc sur son blog. Le célèbre patron note les absences de Conforama et Fnac dans cette étude, deux marques qui, tout comme Le Point, appartiennent à la famille Pinault. Des enseignes dont François-Henri Pinault, le fils de François Pinault, déclarait vouloir se débarasser en novembre dernier...

"Pour qui roule Le Point ?", se demande le patron de Leclerc. Dans son billet, il déplore ces "16 pages en forme de réquisitoire". Après avoir dit que "selon Le Point, le secteur de la grande distribution se réduit à ses poubelles", l'homme d'affaires ajoute : "Pardon ! Je me dois de nuancer. Il y a des enseignes qui sont épargnées. Devinez lesquelles : la Fnac, bien sûr, et Conforama, même pas citées. Voilà qui évitera certainement à la rédaction de se faire taper sur les doigts !"

En effet, François-Henri Pinault, PDG du groupe PPR, possède la Fnac et Conforama. Son père, François Pinault détient toujours l'hebdomadaire Le Point. Dans une interview donnée en novembre dernier au Wall Street Journal, François-Henri Pinault annonçait vouloir se délester de ses deux sociétés de distribution de produits hi-tech et culturels.

De manière surprenante, François Pinault, 77ème fortune mondiale et 3ème en France, n'apparaît pas dans le classement des "milliards de la grande distribution" révélé par l'hebdomadaire. "Avouez que c’est quand même rigolo de voir Le Point désigner ces «nouveaux riches» de la distribution (Gérard Mulliez, Robert Halley, Philippe Bouriez, Jean-Charles Naouri et quelques patrons de E. Leclerc ou d’Intermarché)…sans mentionner une seule fois la fortune pourtant conséquente des Pinault…qui doivent tant à la distribution!", ironise Michel-Edouard Leclerc.

Ce dernier revient sur l'orchestration de cette enquête par les journalistes du Point : "Depuis trois semaines, Patrick Bonazza, Marie-Sandrine Sgherri, Sophie Coignard, Domitille Arrivet et Camille Lamotte avaient commencé à contacter les distributeurs pour faire un état des lieux du secteur. Très vite, nous avons été avertis que l’affaire était bouclée. C’est Franz-Olivier Giesbert qui aurait lui-même reçu la commande et exigé sa mise en scène. Quand on a su qu’on allait tous y passer, personne n’a voulu servir de caution."

Autre témoignage, celui d'Olivier Dauvers, spécialiste de la grande distribution et de la consommation. Sur son blog, il explique qu'une journaliste de l'hebdomadaire l'a contacté "il y a deux à trois mois". Au bout du fil, la journaliste, dont il tait le nom, lui explique que "la rédaction-en-chef du magazine lui avait «commandé» une enquête sur les grandes surfaces, elle qui d’ordinaire «couvre» un tout autre sujet. D’ailleurs, dès le début de l’entretien, la franchise avec laquelle elle m’avait avoué sa méconnaissance de cet univers me laissait espérer un traitement plus pondéré que la moyenne, sans qu’il en devienne pour autant hagiographique.(...). Mais mon interlocutrice douchait bien vite mes illusions en m’évoquant le cahier des charges fixé par la rédaction-en-chef qui, visiblement, avait commandé une enquête à charge. Et là, ce matin, face à la couverture du Point, j’en viens même à imaginer que le titre était probablement fixé avant que ne démarre l’enquête."

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