Le Monde / imprimerie : trois grèves en 12 jours
La rédaction - - 0 commentairesLe Monde daté du 23 juin n'est pas paru ce mercredi, en raison d'un mouvement de grève dans son imprimerie. C'est la troisième fois en moins de deux semaines.
Les 10 et 17 juin, le quotidien du soir n'était déjà pas sorti en kiosques. Cette édition du Monde est néanmoins disponible sur Internet, sur Lemonde.fr, pour les abonnés La raison de ses multiples soucis ? Un mouvement de grève à l'imprimerie du quotidien, située à Ivry (dans le Val-de-Marne). En raison de fortes pertes finacières, elle visée par un projet de "mordernisation", initié par la nouvelle direction du quotidien. |
Le site Electron librea révélé le 18 juin un texte de Louis Dreyfus, patron du groupe, adressé à tous les salariés, dans laquelle il annonce que le quotidien sera bientôt imprimé en province, sur les imprimeries de journaux régionaux, et que l'imprimerie de la région parisienne sera destinée uniquement à tirer les exemplaires vendus en Ile-de-France. Deux rotatives sur trois devraient donc être fermées à Ivry. En conséquence, "cette réorganisation massive implique le départ de très nombreux salariés. 150 sur les 250 permanents recensés à Ivry , précise le site.
Le Syndicat général du Livre et de la communication écrite CGT (SGLCE-CGT) a donc lancé une grève, estimant que la direction du journal ne fait pas assez pour moderniser l'imprimerie et sauvegarder l'emploi, selon l'AFP. Mardi matin, une centaine de membres du SGLCE-CGT ont occupé les locaux de Free (groupe Iliad) à Paris, réclamant une rencontre rapide avec Xavier Niel, PDG d'Iliad et actionnaire majoritaire du groupe Le Monde, en trio avec l'homme d'affaires Pierre Bergé et le banquier Matthieu Pigasse. "Compte tenu que Xavier Niel est l'une des premières fortunes de France, on considère qu'il a les moyens de participer avec Matthieu Pigasse et Pierre Bergé à un investissement de l'ordre de 20 à 30 millions d'euros qui permettrait de relancer complètement l'imprimerie, de garantir l'indépendance du quotidien et de sauver des emplois", avait alors expliqué Marc Norguez, secrétaire général du SGLCE-CGT.
La direction, de son côté, fait valoir que l'imprimerie accusera une perte d'exploitation de plus de 3 millions d'euros en 2011 et, si rien ne change, les pertes annuelles seront supérieures à 10 millions d'euros en 2013. Depuis deux ans, elle a perdu de nombreux clients (Le Journal du Dimanche, Direct Matin et le Guardian) et s'apprête à perdre l'impression des Echos à partir de novembre 2012.
