Le Monde : grève dure à la rentrée ? (Economist)
La rédaction - - 0 commentairesEn prévoyant de licencier jusqu'à 220 des 260 salariés de l'imprimerie du journal Le Monde, Xavier Niel déclare la guerre au puissant syndicat du Livre. Et pour cause : l'un des trois nouveaux gestionnaires du quotidien, racheté en 2010 après avoir frôlé la faillite, considère que "les difficultés de l'imprimerie sont le cancer qui ronge Le Monde". C'est ce que rapporte l'hebdomadaire britannique libéral The Economist.
| En prévoyant de licencier jusqu'à 220 des 260 salariés de l'imprimerie du journal Le Monde, Xavier Niel déclare la guerre au puissant syndicat du Livre. Et pour cause : l'un des trois nouveaux gestionnaires du quotidien, racheté en 2010 après avoir frôlé la faillite, considère que "les difficultés de l'imprimerie sont le cancer qui ronge Le Monde". C'est ce que rapporte l'hebdomadaire britannique libéral The Economist. |
Le nouveau patron du Monde prévoirait de licencier jusqu'à 220 des 260 salariés de son imprimerie. Mais si le syndicat laisse faire, il est "fini en tant que force politique", observe The Economist. "Le Monde s'attend à ce que le syndicat entame une longue grève en septembre, lorsque les revenus publicitaires sont de retour après la pause estivale, c'est-à-dire au moment où journal a le plus à perdre." La bataille a déjà commencé. "En juin, 200 travailleurs syndiqués en grève ont pris d'assaut le siège de la société Iliad, fondée par M. Niel, demandant à le voir." |
Comme l'article le souligne, "le huitième homme le plus riche de France (...) doit être capable d'endurer des mois de grèves, même si cela doit coûter à l'entreprise au moins 200 000 euros par jour. (...) Les nouveaux gestionnaires du Monde ont l'intention d'intégrer les productions du journal au site web – pour l'heure les deux sont, pour ce qui est de la plupart des contenus, séparés.Lorsque le syndicat du Livre se met en grève, Le Mondemet en ligne la version complète du journal". Et "le syndicat est conscient qu'une longue grève pourrait accélérer le processus de numérisation du journal", se rassure Louis Dreyfus, directeur général du groupe Le Monde, auprès de The Economist.
"Cependant, il peut manquer à M.Niel l'un des principaux atouts de [Rupert Murdoch]", le magnat australien de la presse. Lors d'une épreuve de force décisive avec les ouvriers anglais, "Margaret Thatcher, alors Premier ministre britannique, avait fait en sorte que la police protège les non-grévistes de l'usine de Wapping de la violence du syndicat. M. Sarkozy, en revanche, se méfie de M. Niel et ne voudra certainement pas se brouiller avec un puissant syndicat, à moins d'un an de l'élection présidentielle."
Car, si le succès de Niel ne semble pas acquis, The Economist l'appelle de ses voeux : "Rendre l'industrie de nouveau viable serait un grand coup pour la liberté d'expression. Pour cela, un arrêt temporaire des impressions semble être le juste prix à payer".
( Par Camille Hamet )
Retrouvez notre dossier sur la saga de la vente du Monde.