Le conflit à RFI se cristallise sur... Cannes

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La crise continue à RFI, où un plan social prévoit de supprimer 206 emplois sur un millier. Et c'est bizarrement à Cannes que se cristallise aujourd'hui le conflit.

La crise continue à RFI, où un plan social prévoit de supprimer 206 emplois sur un millier. Et c'est bizarrement à Cannes que se cristallise aujourd'hui le conflit.

La semaine dernière, la justice a suspendu le plan social, intimant à la direction de convoquer le plus tôt possible un comité d'entreprise. Elle doit consulter les élus à propos du contrat d'objectif et de moyens négociés avec l'État. Hier, l’assemblée générale des personnels de RFI a voté la poursuite de la grève entamée il y a une semaine, ce qui ne manque pas de perturber les émissions de la station.

La patronne de la station Christine Ockrent, interviewée par Lepoint.fr le 18 mai, a sévèrement critiqué les salariés de RFI. "C'est assez compliqué d'expliquer aux auditeurs, (...) comment une grève suivie par 3,6 % du personnel, comme vendredi dernier, pouvait bloquer l'antenne. En fait, les grévistes sont ceux qui contrôlent la diffusion", a déclaré celle qui est aussi l'épouse du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. "Évidemment, certains salariés, non grévistes mais qui soutiennent le mouvement, ne se sont pas privés de descendre au Festival de Cannes, de réaliser des reportages, d'enregistrer des débats en sachant pertinemment que tout ce travail ne serait jamais diffusé. Je ne trouve pas cela très élégant pour les invités qu'on a dérangés."


Une déclaration qui est sans doute une forme de réponse aux critiques du blog de l'intersyndicale de RFI, qui titrait le 16 mai : "Pendant la grève la direction de RFI s'amuse sur la Croisette", avec à l'appui des photos de Christine Ockrent sur tapis rouge. "Alors que, selon les propres chiffres de la direction, 80% de l’antenne est bloquée par le mouvement social, les dirigeants de RFI poursuivent leur séjour au Festival de Cannes comme si de rien n’était", écrivaient-ils.

Dans un communiqué, la SDJ de la station dit condamner "avec la plus grande fermeté ces accusations portées à l'encontre de nos consoeurs et de nos confrères chargés de couvrir l'événement". Considérant que "les journalistes de RFI n'ont pas de leçon d'élégance à recevoir" elle rappelle que ceux-ci "ne « descendent » pas au Festival de Cannes, pas plus d'ailleurs qu'ils ne s'y invitent ou n'y sont invités, mais qu'ils y sont envoyés par la rédaction afin d'y effectuer un travail".

Christine Ockrent n'en est pas à sa première polémique... Relisez notre dossier, Le problème Ockrent.

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