Le bingo des primaires socialistes (Slate)
La rédaction - - 0 commentairesLe site Slate.fr proposait hier soir "un petit jeu de bingo/loto/quine", proposant de cocher sur une grille d
es gestes et des mots que l'on pouvait s'attendre à voir lors du débat Aubry-Hollande. Idée originale, qui a le mérite de rendre moins morose les débats politiques. Alors, Slate avait-il mis en plein dans le mille ?
La règle du jeu est simple. Chaque joueur était censé se munir d'une des quatre grilles concoctées par Slate. "Le premier qui réussit à cocher toutes les cases de sa grille OU celui qui a coché le plus de lignes (horizontales, verticales, diagonales) remporte la partie et le fait savoir en criant «Bingooooo» (ou «Lotoooo» ou «quiiiiiine» ou «primaiiiiiire», à sa convenance)" , détaille doctement le site. Grille n°1 : amorces de phrases, idées directrices, gestes... |
A la mode parmi les journalistes web (Slate.fr avait déjà fait un bingo de Noël, et les bingos "Confessions intimes"étaient très prisés il y a quelques mois), voilà une façon distrayante de regarder un débat. Mais Slate avait-il vu juste? Petit tour des cases que l'on pouvait cocher, ou non, hier soir.
Martine Aubry remporte sans doute la palme des bingo. La candidate, qui était attendue au tournant avec sa "gauche forte" a ainsi affirmé, sans surprise : "Face à la droite dure, face à une crise qui dure, il faut une gauche forte." Sur son expérience de ministre, elle martèle : "J'ai appris, j'ai appris, j'ai beaucoup appris" et "l'expérience, c'est nécessaire". Ce qui correspondait à la case "Durant mon expérience de ministre". La candidate a également usé du "bonus Montebourg" sur le thème de la "République nouvelle" : "La gauche forte c'est mettre les banques au pas, remettre la justice partout, cela veut dire aussi un république nouvelle avec une plus grande démocratie", dit-elle, assurant ne "viser personne". Slate s'attendait aussi à ce qu'elle parle de "clarté" ou de "vision". Bien vu : "On a confiance en moi parce que je suis claire", assure-t-elle. Enfin, comme prévu, Martine Aubry acquiesce quand François Hollande parle. Et ça donne ça : "Je rappelle que le budget de l'enseignement [Martine Aubry : "bah oui"] scolaire, c'est 50 milliards d'euros [Martine Aubry : "bien sûr")".
François Hollande, pour sa part, a utilisé le "bonus Jospin" (sur le thème "Nous faisions partie de la même équipe."). En réponse à l'"expérience" défendue par sa rivale, il argue : "J'ai aussi été premier secrétaire et j'ai été associé au gouvernement de Lionel Jospin." Et sur le thème "Je crois en la jeunesse", le candidat explique défendre avec la jeunesse une "grande cause".
A noter tout de même que les deux candidats ne se sont pas fait la bise, comme l'avait anticipé Slate, mais se sont serré la main. La liste n'est pas exhaustive... Les passages obligés des discours politiques peuvent donc parfois devenir ludiques.
(par Noëmie Le Goff)
