L'armée américaine a payé des médias afghans (Wikileaks)

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Les rapports confidentiels publiés par Wikileaks, aussi controversés soient-ils, recèlent des informations intéressantes, pour qui parvient à s'y plonger. Slate.fr signale que le blog américain The Newsroom, hébergé par Yahoo, a trouvé des preuves que l'armée américaine a payé des médias afghans pour y être présentée sous un jour favorable.


Slate détaille : "Un rapport d'une Equipe provinciale de reconstruction (EPR), composée de civils et de militaires et censée aider à reconstruire l'Afghanistan, indique ainsi: «La EPR a donné 12 heures de contenu radio PSYOP à Radio Ghaznwyan et la Radio Ghazni pour la semaine du 6 au 12 novembre. Les sujets traités incluent l'histoire, de l'Afghanistan, le droit et les droits de l'homme à Dari et Pashto [...] De plus, la EPR a payé 3.900 dollars Radio Ghaznwyan pour le temps d'antenne de contenu radio du mois d'octobre»."

Jusqu'au début du mois de juillet, le mot" Psyop" désignait les "opérations psychologiques" de l'armée, censées influencer les opinions des populations locales. D'une connotation négative, le terme a été modifié, mais ces pratiques perdurent aujourd'hui.

The Newsroom a aussi repéré un rapport où le directeur de l'Association des journalistes afghans indépendants propose un "partenariat" dans lequel son agence aurait publié articles et photos favorables à une unité de l'armée. Dans un dernier document, le militaire qui rédige parle de "notre journaliste", sans préciser, mais on peut penser qu'il s'agit d'un journaliste afghan.

Comme le rappelle Slate.fr, "les Etats-Unis avaient déjà adopté cette technique de communication lors de la guerre en Irak, ce qui lui avait valu de nombreuses critiques", dont celle, virulente, du Los Angeles Times en 2005. "L'effort militaire de dissémination d'une propagande dans les médias irakiens se déroule alors même que les responsables américains jurent de promouvoir les principes démocratiques, la transparence politique et la liberté de parole dans un pays qui émerge de dizaines d'années de dictature et de corruption, s'indignait alors le journal. Il se déroule alors même que le Département d'Etat est en train de former des reporters irakiens aux compétences journalistiques de base et à la déontologie médiatique occidentale."

Et pour suivre en détail l'histoire des révélations de Wikileaks, lisez notre dossier.

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