La presse, "industrie stratégique" (Sarkozy / Le Monde)

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Dans une interview accordée au Monde, Nicolas Sarkozy revient notamment sur son rapport aux médias. Le chef de l'Etat est longuement interrogé sur la suppression de la publicité sur France Télévisions, et la réforme qu'il a initiée.

Il affirme d'abord ne pas voir "où est le trouble" dans le fait que l'exécutif propose un nom pour le président de France Télévisions, puisque ce nom sera soumis aux "deux verrous" de l'accord du CSA et du Parlement. Mais il répond surtout aux critiques visant son interventionnisme : "Quand je dis : il faut davantage d'Europe, d'environnement, de sciences sur les chaînes du service public, je ne mets pas en cause la démocratie !"

A propos de la presse écrite, il assure : "Je proposerai à l'automne des états généraux de la presse écrite, mais c'est vous qui me le demandez. Parce que les journaux ont de moins en moins de lecteurs, de moins en moins de publicité, de plus en plus de difficultés à vivre."

Quant au futur du paysage médiatique français, le Président ne cache pas son appétit pour le développement de grands groupes industriels :
"Regardez la situation telle qu'elle est. Le grand groupe de communication français Lagardère n'a pas de télévision, et le grand groupe de télévision français Bouygues n'a pas de presse. Quant au groupe de télévision Canal+, il n'est présent qu'en France. Et vous êtes confrontés à Murdoch et à des géants de cette nature.La presse est un secteur économique, une industrie stratégique qui mérite d'être développée au même titre que la santé, les transports, l'environnement. Je veux changer la donne pour que ces groupes puissent vivre. Si vous ne pouvez être viable économiquement, c'est la démocratie qui en pâtira."



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