La Marseillaise à la Une

Gilles Klein - - 0 commentaires



La bourse a encore baissé hier, mais les sifflets du match France-Tunisie ont chassé la crise économique qui faisait la Une sans interruption depuis plusieurs jours.






Aujourd'hui en France évoque une "tempête politique" dans les trois pages qu'il consacre au sujet. Le Parisien a rencontré un groupe de Français d'origine tunisienne rue de Belleville, à Paris.

L'article cite Toumi, 49 ans, "A cause d'eux, j'ai eu honte d'être Tunisien".

Un autre article done la parole à un chef d'entreprise d'origine marocaine, à Mantes la Jolie, et titre un article d'une demi page en le citant : "C'est le cri de désespoir de personnes reléguées"

Aujourd'hui en France jeudi 16 octobre 2008 picto







Aujourd'hui en France du jeudi 16 octobre 2008

Un encadré en page 2, signé du patron de la rédaction Dominique de Montvallon, donne quelques détails désordonnés sur le sondage annoncé en lettres rouges à la Une. 802 personnes de 18 ans et plus ont été interrogées par l'institut CSA.

"83 % des électeurs de gauche et 88 % des sympathisants de la droite ne comprennent pas et condamnent." et "Les plus choqués : les électeurs du parti communiste (92 %), les cadres et les professions libérales (88 %)"

Une seule question du sondage figure dans l'article "L'hymne français la Marseillaise a été sifflé mardi soir au stade de France lors du match de football France-Tunisie. Diriez-vous que vous êtes choqué ou pas par ces sifflets ?" mais on ne trouve pas le détail des réponses proposées

Parmi les 18-24 ans "23 % se déclarent «pas choqués du tout»". 82 % des femmes sont "choquées" contre 78 % pour les hommes.







Le Figaro souligne: "La classe politique est unanime pour condamner l'attitude des supporters tunisiens" oubliant que beaucoup sont sans doute des Français d'origine tunisienne.

Quotidien Le Figaro du jeudi 16 octobre 2008 picto





A l'opposé, dans Libération qui consacre trois pages à cette histoire, l'éditorial de Laurent Joffrin est critique contre le gouvernement, oubliant que la gauche s'est elle aussi indignée : "L’indignation surjouée de plusieurs ministres devant cette Marseillaise sifflée confine au ridicule. Annuler les matchs, sanctionner les pays invités, mobiliser la police? Que ne l’a-t-on fait quand des manifestations de racisme autrement violentes entachaient le championnat de football? Les sifflets sont choquants. Mais ils sont aussi la mauvaise part d’un rituel de supporteur sans doute moins important qu’on le proclame."


pictoQuotidien Libération jeudi 16 octobre 2008

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