La diplomatie française démoralisée (Le Temps)

Gilles Klein - - 0 commentaires

"De la complaisance envers le régime Ben Ali au mutisme sur l’Egypte en passant par la crise ouverte avec Mexico, les loupés de la politique étrangère présidentielle se multiplient" constate le quotidien suisse Le Temps.

"L’époque était au lyrisme, au soir du 6 mai 2007: «Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de la tolérance, de liberté, de démocratie et d’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies […] pour leur dire que la France sera à leur côté.» Le président tout juste élu, Nicolas Sarkozy, promettait la rupture en tous domaines, et notamment une diplomatie arrimée aux droits de l’homme."

"Cassée ou simplement endommagée, force est de constater que la diplomatie française a cumulé les ratés ces dernières semaines. Des errements tunisiens de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie (MAM) à l’attentisme dans le dossier égyptien, en passant par la crise ouverte avec Mexico à propos du cas de la prisonnière Florence Cassez, «je pense que beaucoup de Français ressentent de la honte», avance l’ancien ambassadeur Eric Rouleau, grand connaisseur du Moyen-Orient."

L'écrivain Jean-Christophe Rufin, lui aussi ancien ambassadeur, déclare «Le Quai d’Orsay est complètement dépossédé de la politique étrangère, conçue par le président de la République et mise en œuvre par un réseau parallèle d’hommes à lui.»

"Le grand dessein méditerranéen du président, annoncé dès le soir de son élection, s’est lui aussi envasé. Mise en œuvre sans consultation avec ses partenaires européens, l’Union pour la Méditerranée est aujourd’hui une coquille quasi vide installée à Barcelone, totalement muette depuis que la bourrasque démocratique soulève le monde arabe."


Le Temps mercredi 24 février 2011

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