La "dictature" des fous du roi (presse nationale)

Gilles Klein - - 0 commentaires

"L’époque est à la caricature dictatoriale" estime Yves Thréard dans l'éditorial du Figaro, alors que l'article du journal en page Radio-Télévision est plus factuel.


"Leur impertinence n’épargnait ni le pouvoir ni la gauche. Au terme d’un long bras de fer, les humoristes Stéphane Guillon et Didier Porte sont chassés de la radio de service public." dit le sous-titre de la Une de Libération

"Nul ne saurait priver une direction quelconque du droit de choisir ses collaborateurs ou de porter un jugement sur leur travail. De même, on peut comprendre que des responsables finissent par s’irriter d’être sans cesse moqués publiquement dans leur propre maison. Mais ce qui aurait pu être un banal conflit interne devient une affaire nationale pour une bonne et simple raison. Les dirigeants de Radio France sont poursuivis par une malédiction originelle: leur mode de nomination. Même un excellent professionnel comme Jean-Luc Hees, dès lors qu’il procède du prince, voit le moindre de ses gestes soupesé, interprété et mis en relation avec les intérêts politiques de celui qui l’a nommé." estime Laurent Joffrin dans son éditorial.

Guillon explique en page 3 "Frédéric Schlesinger [l’ancien directeur de France Inter, ndlr] n’était pas toujours d’accord avec moi, mais il me soutenait. A partir du moment où messieurs Hees et Val sont arrivés, c’était fini. Avec Schlesinger, j’étais affiché en quatre par trois sur les culs de bus; dès que Hees et Val sont arrivés, je n’ai plus eu la moindre photo. Pourquoi? Qu’on me le dise."

 


"On ne se réjouira pas des licenciements de Stéphane Guillon et Didier Porte, les deux humoristes autoproclamés de France Inter. On ne tire pas sur les ambulances. Mais l’occasion est donnée de constater que l’époque est à la caricature dictatoriale. (...)  Les fous du roi d’aujourd’hui sont des tyrans, des justiciers, des nettoyeurs. Ils incarnent précisément ce qu’ils condamnent, ne supportant pas qu’on touche à leur pouvoir, qu’on les critique, qu’on ne les aime pas. (...) Ils crachent leur haine, éructent leur outrance, défèquent leurs gros mots. (...) rien de plus primaire que de faire du ministre de l’Immigration un enfant de Hitler, de qualifier Martine Aubry de «petit pot à tabac», de lyncher à longueur de chronique - pardon, d’éditorial! - Benoît XVI, de taper sur Sarkozy, pour - cerise sur le gâteau - regretter l’absence de liberté d’expression en France."

Le Figaro jeudi 24 juin 2010picto



"La partie de ping-pong verbale entre la direction de France Inter et ses deux humoristes de 7 h 55, Stéphane Guillon et Didier Porte, a pris fin hier matin. (...) c’est surtoutle « cas » Stéphane Guillon qui empoisonnait la sérénité de la station. L’humoriste a multiplié les provocations depuis octobre 2009, tirant à boulets rouges sans discernement, s’en prenant même au physique des uns et des autres, notamment des politiques - on se souvient de Martine Aubry qualifiée de « petit pot à tabac ». (...) « Il se posait en Dieu de la liberté et avait pris l’antenne en otage, estime Alain Passerel, aux manettes du 19 heures de France Inter. Il ne faisait plus son boulot mais des éditoriaux politiques. Il tapait à longueur de temps sur Sarkozy et ses ministres. Il en devenait agaçant et crispant. L’exercice arrivait à son terme. » (...) Sentant qu’il avait dépassé les bornes de ce qui pourrait être acceptable, Guillon a décidé de s’enferrer et de pousser dans la surenchère jusqu’à devenir haineux. (...)« Quid de la matinale ? D’autres émissions à l’instar d’“Esprit critique” et “Et pourtant elle tourne” vont-elles être supprimées ? » se demande Alain Passerel. Bern partira-t-il lui aussi ? Les journalistes d’Inter, la semaine dernière, ont voté une motion contre Philippe Val concernant la grille de rentrée."

pictoFigaro jeudi 24 juin 2010



Le Parisien note que les Verts dénoncent "le grand ménage préélectoral" que Mélenchon parle de "normalisation intellectuelle" et que Besancenot évoque "une grave atteinte à la liberté d'expression" tandis qu'Aubry a apporté son soutien à l'humoriste.


Dans son interview, Guillon dit qu'il a appris son licenciement après sa chronique mercredi matin et ajoute que "la méthode est abjecte".

"Je n'ai jamais cherché à me faire renvoyer. je ne règle pas de comptes, je me défends, je défends la liberté de dire des choses à l'antenne et je défends des gens autour de moi. (...) je ne suis pas un humoriste anti-Sarkozy, celà ne m'intéresse pas (...) Je n'irai pas sur une autre radio. France Inter est ma maison."

Le Parisien jeudi 24 juin 2010 picto

Voir (et écouter) notre enquête complète : le jour où France Inter a viré ses bouffons en direct

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