Kouchner et la "morale" (presse nationale)
Gilles Klein - - 0 commentairesLa une de Libération, plus les trois premières pages, une page réalisée par six journalistes dans le Parisien/Aujourd'hui en France, une interview de Kouchner dans le Figaro: l'incendie Kouchner enflamme les médias.
"Il y a toujours quelque risque à bâtir toute une carrière sur la morale, à agiter sans relâche cet étendard, alors qu’on choisit en même temps de naviguer dans les méandres incertains de la politique, ce fleuve à l’eau inégalement claire. Surtout quand il s’agit d’argent. (...) Reste cette activité de consultant au service, même indirect, de potentats connus comme tels et dont la rectitude financière a maintes fois été mise en cause. Contraste troublant, tout de même, alors que les sommes en jeu n’ont rien d’anodin. L’argent d’Omar Bongo est-il moral, puisqu’il s’agit de cela ?" écrit l'éditorial de Laurent Joffrin qui pèse soigneusement ses mots, en évitant d'accabler Kouchner. Dans la troisième page, Libération estime que "Bien plus que les petits arrangements gabonais de Kouchner, ce sont ses positions sur le Rwanda qui lui valent l'ire de Péan." |
Bandeau en couverture et une page dans Le Parisien/Aujourd'hui en France. Une enquête sur "Des expertises bien rémunérées" signée par trois journalites, estime "selon nos calculs" à "216 000 euros avant impôts" les gains de Kouchner sur trois ans grace à ses activités de conseils chez Imeda. Imeda a fait un rapport sur l'hôpital de Brazzaville dont, selon une lettre de référence sur l'Afrique "les batiments sont dans un état de délabrement avancé avec des ordures stockées dans certains couloirs" "Dans cette entreprise Bernard Kouchner a joué un rôle de relations publiques pour faire rentrer un maximum de contrats. Tous les hauts dignitaires africains rêvent d'être sur la photo officielle avec ce personnage tellement populaire" explique "un spécialiste des relations France-Afrique" dont le nom n'est pas cité. | Aurjoud'hui en France jeudi 5 février 2009 |
"Il ressort du livre le sentiment d'une confusion des genres entre votre action humanitaire et votre position politique, souligné par le fait que vous auriez pu toucher de l'argent de la part de dirigeants qui ne sont pas parmi les plus recommandables..." demande Le Figaro à Kouchner dans une interview. Le ministre répond, entre autres: "J'ai été rémunéré moins de 6 000 € par mois après impôts sur trois ans pour un travail considérable dont tout le monde peut se féliciter. La moitié de la population du Gabon étant des indigents, privés de la possibilité d'aller se faire soigner à l'hôpital, j'ai aidé avec d'autres experts à faciliter leur accès au système de santé." |
"Que répondez-vous aux accusations de conflit d'intérêt liées à
la nomination de votre épouse Christine Ockrent à la tête de
l'audiovisuel extérieur ?" demande le Figaro
"Je comprends que l'on puisse
avoir une certaine jalousie à l'égard des journalistes de talent... J'en
resterai là. Mais mélanger tout cela est vraiment indigne. C'est un
tissu de mensonges nauséabonds." répond Kouchner au Figaro.
"La contre-attaque est à la mesure du danger politique pour Bernard Kouchner. A l’Assemblée nationale puis dans des interviews au « Nouvel Observateur » et au 20 heures de France 2, où il a été poussé dans ses derniers retranchements" écrit le quotidien Les Echos |
Pour tout comprendre, reportez-vous à notre dossier, déjà copieux, Péan contre Kouchner.