Karachi : un haut-fonctionnaire confirme les rétrocommissions

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C'était il y a un an, le 15 décembre 2009, mais son témoignage vient seulement d'être rendu public par Lemonde.fr et Mediapart. Interrogé à huis clos par les députés de la mission parlementaire sur l'attentat de Karachi, l'ancien contrôleur général des armées, Jean-Louis Porchier, a confirmé que des rétrocommisions auraient bien été versées dans le cadre du contrat Agosta avec le Pakistan. Cette information, il la tient de l'ancien secrétariat général de la défense nationale (SGDN) pour qui les sommes versées ont bénéficié à la campagne présidentielle de Balladur et au parti républicain de François Léotard.


En 1997 et 1999, Jean-Louis Porchier, alors contrôleur général des armées, a été chargé de deux enquêtes sur le contrat Agosta (vente de trois sous-marins au Pakistan conclue par le gouvernement Balladur).

Interrogé par les députés de la mission parlementaire, il assure qu'il a découvert que le montant des commissions versées était "totalement excessif et injustifié". "Lors de son enquête, il va donc se rapprocher d'un personnage clef de l'industrie de l'armement français, Michel Ferrier, ex-directeur des transferts sensibles au secrétariat général de la défense nationale (SGDN)" explique Le Monde.

Aux membres de la mission, Porchier a expliqué dans le détail ce qui est ressorti de sa conversation avec ce haut fonctionnaire : "M. Ferrier m'a dit : 'ce contrat ne sert à rien. Ce contrat permet le recyclage d'argent pas très net du côté du Pakistan et, du côté français, il permet de verser des rétrocomissions. Il y a 10% de rétrocomissions sur l'ensemble des FCE. Sur ces 10%, il y en avait une partie pour la campagne électorale de M. Balladur, et une autre pour M. Léotard'. Je n'avais pas les moyens de vérifier cela et j'ai écrit dans mon rapport que je ne connaissais pas la destination finale de ces fonds. Je n'ai pas mentionné de noms".

 

Les membres de la mission parlementaire ont donc interrogé Ferrier, qui a confirmé avoir tenu ses propos au contrôleur général des armées : "Il est possible que je les ai tenus, déclare M. Ferrier, cela était vraisemblable. Je tirais ce raisonnement d'un contrat antérieur, où j'avais bloqué un taux de 10% de commissions financières [qui] était manifestement un acte de corruption. Je précise que la corruption ne touchait pas le ministre de la défense, mais un autre membre du gouvernement".


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