Journalistes/banlieues : a priori et manque de temps (Télérama)
Gilles Klein - - 0 commentairesTélérama s'interroge sur l'éternelle question du traitement médiatique des banlieues : entre manque de temps idées reçues des journalistes, et hostilité des jeunes face aux médias.
"«Economiquement parlant, indique le sociologue Marwan Mohammed -par ailleurs réalisateur de La Tentation de l'émeute, diffusé en novembre dernier sur Arte-,avoir le temps de travailler correctement sur les banlieues, de créer des réseaux, de trouver des relais locaux, de faire affleurer une autre manière de voir est un luxe.» Une situation qui se double de facteurs tout aussi pernicieux. «La composition des médias est homogène dans son recrutement, sans rapport avec la société réelle. Et souvent le seul fil conducteur des journalistes en banlieue, c'est la justice et la police», s'agace Nordine Nabili, rédacteur en chef du Bondy Blog."
"Pressés par le temps, incapables d'asseoir un rapport de force éditorial face à la grille de lecture - et aux a priori - des patrons de l'information, lestés par leur distance sociale et culturelle avec les quartiers, les journalistes, sauf exception, ne disposeraient que d'infimes marges de manœuvre pour échapper au sempiternel traitement sensationnaliste."
"Pour Jérôme Bouvier (médiateur de Radio France), l'autocritique sur les pratiques professionnelles ne saurait se circonscrire aux seuls journalistes : «Il va bien falloir parler aussi du rôle des associations qui interviennent dans les quartiers, leur demander si elles trouvent normal qu'on ne puisse pas se rendre dans certains endroits, si elles n'ont pas aussi un rôle à jouer en direction des habitants pour que leurs quartiers demeurent ouverts.»"
L'occasion de relire nos enquêtes: Sonia Imloul, questions sur une spécialiste médiatique des banlieues et Les introuvables "fixeurs" des banlieues françaises.