Journaliste et épouse dirigeant GdF : polémique Obs-Libé
Gilles Klein - - 0 commentairesDans un billet de son blog, Claude Soula (Le Nouvel Observateur), réagit à la chronique de Daniel Schneidermann et à un article de Jean-Christophe Féraud (Libération). Tous les deux avaient souligné que Sophie Roquelle, journaliste au Figaro Magazine, auteur d'une longue enquête sur "La France des assistés" est l'épouse du numéro deux de GDF-Suez, Jean-François Cirelli. Pour Soula, ses deux confrères pratiqueraient "la police des moeurs" et Libération se serait livré à une "dénonciation stalinienne". On note que le billet de Soula est illustré par la photo d'une Porsche : allusion à la Porsche dans laquelle DSK avait circulé dans Paris en attirant l'attention des médias ?
"Bon, ca sentait mauvais dans les médias cette semaine. Daniel Schneidermann, l'arbitre es élégance, suivi par la nouvelle recrue de Libération Jean Christophe Féraud (red chef du service éco, venu des Echos) ont attaqué ad nominem Sophie Roquelle, une journaliste du Fig Mag." "Que reprochent-t-ils à Roquelle ? de critiquer la politique sociale et le RSA alors qu'elle-même vit avec un homme très bien payé... Délit d'opinion, donc. Police de la pensée, dérapage absolu. On ne comprend même pas comment un homme aussi intelligent que D.S. peut (se) poser la question. Se demande-t-il aussi, le pauvre chat, si un homme peut écrire sur les femmes, un hétéro sur les gays, un journaliste de gauche sur l'ump?" "Sophie Roquelle semble donc être de droite, voire très à droite, et elle a fait dans le Fig mag , un magazine de droite lu par des gens de droite, un papier très à droite. Est-ce un crime? Dans une démocratie, non." "Le reproche est donc absurde. Si cette femme, mariée à un dirigeant de GDF-Suez écrivait sur EDF, sur GDF, sur le marché de l'énergie, oui elle serait en tort déontologique. Mais pas là." |
Dans un long commentaire sur ce même blog, Féraud répond à son confrère : "Puisque je suis mis en cause dans ce billet, traité de flic des moeurs "stalinien" je réponds ici. (...) A Libération, nous avons tous lu ce papier avec incrédulité et décidé d'y répondre dans le cadre d'un événement consacré au RSA et à ce débat nauséabond sur les "assistés" (...) On peut être de droite, travailler dans un magazine très à droite...nous sommes dans un pays de presse d'opinion libre (...) Mais l'article de madame Roquelle a quelque chose d'obscène : "on les appelle les canapés" vautrés dans leurs grands sofas devant leurs écrans géants !!! Le travail n'est plus qu'un lointain souvenir, ils vivent au crochet de la collectivité...Blablabla salauds de pauvres ! (...) Et je pense que savoir d'où l'on parle est capital : madame Roquelle a le droit d'être journaliste tout en étant l'épouse d'un grand patron du CAC 40 qui touche plus de 2 millions d'euros par an (...) Vous me traitez de flic des moeurs vous êtes un mauvais flic du journalisme. (...) A chaque journaliste de se déterminer en âme et conscience :" là je peux ecrire', là non ce serait limite ou indécent". (...) Au nom de quoi la profession échapperait à ce devoir de morale et de transparence minimum ?"
Sur l'origine de l'affaire, reportez-vous donc à la chronique de Daniel Schneidermann Figaro : une enquête assistée par Internet