Injure raciale publique : Hortefeux absous par le Parquet
Laure Daussy - - 0 commentairesLe procureur de Paris a expliqué que les propos de Brice Hortefeux, lors de l'université d'été de l'UMP cet été à Seignosse, dans les Landes ("c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes"), n'étaient pas publics. Selon le parquet, le ministre ne peut donc être poursuivi pour injure raciale comme le demandait le Mrap.
C'est un réquisitoire en forme d'absolution. Comme Le Monde le dit si bien, dans son édition de dimanche-lundi : "Lorsqu'un ministre a le malheur d'échouer devant le tribunal et que le parquet de Paris envoie requérir l'un de ses poids lourds, le suspense est entier. Non pas sur le sens du réquisitoire, mais sur la façon dont le haut magistrat va sortir le ministre du mauvais pas. François Cordier, procureur adjoint et fin connaisseur du droit de la presse, en a fait vendredi 16 avril la brillante démonstration".
Le Mrap, Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples attaquait Hortefeux, pour "injures raciales " après la blague douteuse qui lui avait échappé le 5 septembre 2009, lors d'une université d'été de l'UMP à Seignosse (Landes). Le ministre de l'intérieur plaisantait alors avec Jean-François Copé et un groupe de militants, dont Amine Benali-Brouch, qui souhaitait être pris en photo avec lui. Une dame pousse le jeune homme en disant, "Il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière...". Hortefeux réplique : "Ah, mais ça ne va pas du tout, alors, il ne correspond pas du tout au prototype, alors. C'est pas du tout ça." Une participante ajoute, "C'est notre petit Arabe...""Il en faut toujours un, conclut le ministre. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes."
La vidéo avait été tournée par Public Sénat, mais divulgué par un des journalistes de la rédaction au monde.fr, en raison du refus de la direction de Public sénat de la diffuser. Le ministre s'était alors empêtré dans ses explications en assurant qu'il parlait du nombre d' Auvergnats, et non du nombre d'Arabes.
"On est dans le cliché, les idées reçues, le paternalisme", a convenu le procureur François Cordier, la première phrase du ministre est "une opinion choquante, mais qui ne dépasse peut-être pas l'opinion admissible". La seconde en revanche est "un propos outrageant, méprisant" et "le délit d'injure raciale" est bel et bien constitué. Soit. Pour autant, le procureur doute que les faits aient été juridiquement commis en public. C'était "une discussion à bâtons rompus", explique-t-il, dans un cadre privé. "Brice Hortefeux n'était pas en train de claironner." Le procureur est formel : impossible, donc, de poursuivre ces propos pour injure raciale publique.
Brice Hortefeux savait-il qu'il était en public ? Public Sénat avait diffusé, par la suite, les rushes de la vidéo, en entier, dès le début de la discussion du ministre avec Copé. La vidéo, diffusée en intégralité, sur Public Sénat |
Retrouvez ici notre dossier spécial, "Hortefeux, raciste?".
