Infiltrés / dénonciations : "dangereux précédent" (tribune Rue89)

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Une tribune pour se démarquer des "Infiltrés".

Dans un appel publié ce soir par Rue89, une quinzaine de journalistes, écrivains, réalisateurs et producteurs, s'oppose à la décision des journalistes de Capa de dénoncer 23 pédophiles présumés, rencontrés lors du tournage de l'émission diffusée ce soir sur France 2.

"Une grande agence de presse française (Capa) vient de se transformer en auxiliaire de police au mépris de la règle de base du journalisme : la protection des sources", écrivent les auteurs du texte, parmi lesquels on trouve Pierre Péan, Denis Robert, Benoît Collombat, Jean Marcel Bouguereau ou David Dufresne.

Après avoir noté que "Hervé Chabalier est, à la tête de Capa, un producteur respectable et à succès", ils soulignent que "la pédophilie et ses réseaux supposés sont du pain béni pour la télé poubelle". Les signataires refusent de se voir "associés à ce que nous considérons comme une dérive de ce métier" : "le journalisme doit rester une activité sans lien avec quelque pouvoir que ce soit : politique, policier, judiciaire, religieux. Au risque de disparaître."

"En 1975 , la presse s'extasiait devant le New York Times qui a préféré laisser un de ses journalistes (Myron Faber) en prison pendant 40 jours plutôt que de livrer à la justice ses notes confidentielles concernant un médecin qui assassinait ses patients. Les temps changent, les réflexes aussi", signale encore le texte. "Jusqu'à présent, la police réagissait après la diffusion des enquêtes journalistiques et demandait à avoir copie des rushes ou des notes. Cette fois, les journalistes vont de leur propre initiative trouver la police pour lui remettre les éléments de leur enquête. De plus, ils communiquent sur cette divulgation. C'est du Grand N'importe Quoi."

Le texte pointe l'impasse du discours justificatif des journalistes des Infiltré : "Pourquoi dénoncer un pédophile et pas un criminel de guerre ? Un assassin ? Pourquoi ne pas décréter, qu'en ces temps de crise, un journaliste doit dénoncer à la police les criminels en col blanc à qui il aurait parlé ?" (…) Notre conception du journalisme et du documentaire nous oppose frontalement sur ce point aux justifications de Capa et des « Infiltrés » (…) Ceux qui seraient tentés de suivre ce dangereux précédent sonneraient le glas de ce qui reste des belles illusions de notre profession."

Quels sont les tenants et les aboutissants du débat ? Comment se justifie l'équipe des Infiltrés ? Les réponses sont dans notre article.

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