Hulot : les Verts "éblouis" par les sondages. Et Libé ?
Gilles Klein - - 0 commentaires"Les sondages ont fait tourner la tête d'une partie de l'état-major d’Europe Ecologie-les Verts qui a cru en la victoire de Nicolas Hulot lors des primaires écologistes", souligne Libérationaujourd'hui, après l'annonce de la victoire d'Eva Joly, mardi. Mais le quotidien ne rappelle pas qu'il a lui aussi oeuvré à cet aveuglement, en publiant le 20 juin à la Une un sondage donnant Hulot largement favori. Sondage qui n'avait trouvé que... 133 sympathisants écolo à questionner.
"Aveuglés. Le nez collé sur les analyses politiques et les cotes de popularité d’un Nicolas Hulot faisant jeu égal avec les ténors socialistes, certains responsables de premier plan d’EuropeEcologie-les Verts (EE-LV) n’ont pas vu le crédit qu’avait Eva Joly auprès des sympathisants écologistes, écrit Libé. Signe de l’effet d’optique provoqué par la candidature Hulot: quelques jours avant le premier tour, plusieurs cadres régionaux avaient pris parti pour l’ancien présentateur télé." Dans une tribune publiée dans la même édition du journal, trois directeurs d'instituts reviennent sur l'échec de Hulot. Leur analyse, assez critique des médias, s'applique largement à Libération : "La force de la marque Hulot a permis au candidat de choisir ses interventions médias (hebdomadaires, radios, émissions et journaux télévisés, Internet) tout en conduisant une campagne sobre (...) Suffisant pour convaincre la plupart des analystes et journalistes, insuffisant pour convaincre non pas les sympathisants mais les adhérents d’EE-LV, même élargis à des coopérateurs. |
Les autruches n’ont pas voulu voir que Nicolas Hulot ne distançait qu’artificiellement Eva Joly dans les sondages d’intentions de vote. Beaucoup a été dit sur la confusion entre popularité et choix de vote mais peu d’analystes ont relevé l’inédit yo-yo sondagier de Nicolas Hulot recueillant à dix jours d’intervalle de 6 à 12% des intentions de vote. (...) Au final, Nicolas Hulot n’a devancé Eva Joly dans les sondages qu’au bénéfice de soutiens de sondés des deux bords de l’échiquier politique et du socle très fluctuant des «sans préférence partisane»."