Haïti et le "débarquement américain" (presse nationale)
Gilles Klein - - 0 commentairesLe Parisien, le Figaro et Libération (avec la même interview d'un ancien Premier ministre haïtien faite avec l'hebdodmaire l'Express) évoquent la forte présence américaine à Haïti.
"Polémique sur le débarquement américain" un article en bas de la première des deux pages consacrées par le Parisien/Aujourd'hui en France à Haïti.
"«En volant au secours d'Haïti, les Américains ont aussi mis le paquet pour ne pas voir débarquer sur leurs côtes des milliers de réfugiés haïtiens dans des embarcations de fortune. » Le diplomate qui s’exprime ainsi préfère garder l’anonymat. « Tout le monde se devait de faire le maximum, ajoute-t-il, mais, dans l’urgence, Barack Obama a fait la différence en dépêchant au large de Port-au-Prince de gros moyens sans commune comparaison » : un porte-avions nucléaire et 12 000 GI. L’ancien président Bill Clinton, émissaire de l’ONU, est arrivé sur place hier. C’est la prise de contrôle de l’aéroport de Port-au-Prince par les parachutistes américains de la 82e Airborne qui a pu donner l’impression que les Américains débarquaient comme en pays conquis." (...) En réalité, l’intervention massive des Etats-Unis s’explique par la décapitation de la Minustah (Mission de stabilisation de l’ONU en Haïti), dont le quartier général a été enseveli sous les décombres dès les premières secousses."
Deux titres différents pour une même interview publiée dans Libération (ci-dessous à gauche) et Le Figaro (à droite, deuxième article) celle de Michele Pierre-Louis, Premier ministre d’Haïti entre septembre 2008 et novembre 2009.
"Les États-Unis font preuve d’une forte solidarité. Ne redoutezvous pas que cela conduise à une mise sous tutelle d’Haïti ? Il faut être pragmatique. Le mot tutelle ne me plaît pas plus qu’aux autres Haïtiens, mais il faut que quelqu’un, qu’une entité soit aux commandes. On ne pourra pas s’en sortir tout seuls."
"C’est vrai qu’on a une histoire compliquée avec les Américains : on n’a pas oublié qu’ils n’ont reconnu Haïti que soixante ans après l’indépendance, qu’il y a eu l’occupation au début du XXe siècle et qu’Aristide s’est réinstallé au pouvoir dans les bagages de 25 000 GI."
Au passage on note que le Figaro n'héiste pas à souligner les tensions sociales au sein de la société haïtienne dans le premier article de la page : "L’hôpital public Sainte-Croix, au centre de Léogane, l’un des rares à posséder quatre blocs opératoires à Haïti, n’a pas rouvert ses portes. Le gros bâtiment blanc est pourtant impeccable. Une exception dans cette ville massivement rasée. Mais qui n’a rien d’étonnant : Sainte-Croix est fermé depuis trois ans. La mauvaise gestion, la prévarication, la corruption et le vol ont eu raison de ce fleuron de la médecine locale. (...) Dimanche, Médecins sans frontières a commencé à déployer des équipes. Des Japonais installent un hôpital de campagne. « Les médecins locaux n’ont presque rien fait. Jeudi j’en ai même vu un que je connais bien qui jouait aux cartes », glisse, agacé, Armand Marah, un élève infirmier. « Ce manque d’implication n’est pas vraiment étonnant. Haïti est un pays très individualiste », explique un homme d’affaires européen vivant à Port-au-Prince. « La majorité des élites, souvent formées à l’étranger, ne se sent pas concernée par le bas peuple. C’est particulièrement choquant avec les médecins en ce moment, mais il en va de même avec les propriétaires de camions"