Grève et menace d'explosion (La Tribune de Genève)
Gilles Klein - - 0 commentaires
"Les ouvriers de Châtellerault qui veulent détruire leur site feront-ils école ? Le sociologue Guy Groux explique ce phénomène par la faiblesse des syndicats."remarque la Tribune de Genève du jeudi 16 juillet, mais il ne croit pas au passage à l'acte "difficilement envisageable, compte tenu des poursuites pénales très sévères qui s’abattraient sur eux après une explosion volontaire. Leur menace vise surtout à faire venir les médias afin que leur cas soit évoqué le plus largement possible. Et, sur ce plan-là, leur action est une réussite."
"Pourquoi ces violences sociales apparaissent-elles surtout en France ? - J'y vois avant tout le symptôme de la faiblesse des syndicats français. Ils sont divisés en sept centrales qui se font concurrence. Certaines d'entre elles ont longtemps hésité entre le réformisme et l'action révolutionnaire sans clairement choisir une option et s'y tenir. Cela a donc nui à leur visibilité. De même, la surenchère à laquelle ils se livrent peut compromettre leur crédibilité." "Par rapport à la Suisse, le dialogue social se déroule en France de façon tout à fait différente. Chez vous, la grève est exceptionnelle. C'est l'arme du dernier recours. Lorsque les salariés suisses brandissent cette menace, ils sont aussitôt pris au sérieux par le patronat qui va engager des négociations sans tarder, quitte à lâcher du lest. Car c'est un symptôme qui indique au patron que la situation est très inquiétante. En France, la grève est un moyen de pression ordinaire." |
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