Géorgie : manipulations médiatiques américaines ?
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L'AFP a interrogé quelques responsables
des principaux médias moscovites sur la "guerre des images" qui a
opposé la Russie à la Géorgie. Ces journalistes russes s'accordent pour pointer
des dérapages des chaînes américaines, qui auraient couvert le conflit de façon
clairement pro-géorgienne.
"La guerre d'information a été déclenchée avec
les premières salves géorgiennes sur Tskhinvali" la capitale du territoire
séparatiste d'Ossétie du Sud", explique ainsi Konstantin
Ernstl, patron de Pervyi Kanal, l'une des trois principales chaînes russes. "Ce qui nous a indigné le plus, c'était de voir les télévisions
étrangères reprendre nos images pour les interpréter à l'opposé, comme celles
de Tskhinvali bombardée par les Géorgiens, diffusées avec le bandeau affirmant: «Les Russes ont agressé la Géorgie», ou les ruines de Tskhinvali
filmées par nos correspondants et diffusées sur CNN pour illustrer... les
bombardements russes sur Gori", une ville géorgienne à 30 kilomètres de la
capitale ossète.
Mêmes échos auprès d'Alexeï Venediktov, rédacteur en chef de
la radio Echo de Moscou, généralement très critique envers le Kremlin : "Le
droit était du côté des Russes, au moins au début du conflit, voilà pourquoi la
couverture russe a été convaincante, au moins à l'intérieur du pays. Pour moi,
Saakachvili, qui a tiré des roquettes sur sa propre population est le vrai
coupable, même si la réponse russe n'a pas toujours été irréprochable."
Un des principaux communicants russes dans cette guerre, le
ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, a affirmé que la Russie avait
encore beaucoup à apprendre du "modèle" américain : "Nous sommes
des enfants, en matière d'utilisation des médias, tout simplement des enfants,
mais nous étudions les leçons données par nos aînés (américains, ndlr) en la
matière, qui ont accumulé une longue expérience d'utilisation du quatrième
pouvoir."
La dépêche souligne néanmoins l'omniprésence sur les petits écrans russes des "témoignages émouvants enfonçant
Tbilissi", les "images du président géorgien Mikheïl Saakachvili
mâchant, désemparé, sa cravate" et les "spots savamment montés,
alternant en quelques secondes ruines, visages en pleurs et chars russes"...
Pour vous remémorer les premiers jours de cette bataille médiatique, lisez notre article Entre Russes et Géorgiens, une guerre de com' sans merci.