Fatigue informationnelle des journalistes : "C'est nul, ce qu'on fait"

Pauline Grand d'Esnon - - Nouveaux medias - Médias traditionnels - Déontologie - Pédagogie & éducation - 20 commentaires

Perpétuel, médiocre, anxiogène, le flux de la machine médiatique ronge aussi les journalistes. Une quinzaine d’entre elles et eux ont décrit à "Arrêt sur images" leur lassitude vis-à-vis de l’info. Un rejet qui soulève, en creux, un enjeu démocratique : comment espérer reconquérir les citoyen·nes avec une production que plus personne ne supporte ?

Anne* travaille pour une chaîne d'information en continu. Pourtant, quand elle est à la maison, elle ne les regarde jamais. "C'est comme ceux qui font des burgers toute la journée, le soir, ils n'ont pas envie d'en manger." Au bout de douze ans dans ce qu'elle appelle "la lessiveuse", Anne ressent une profonde fatigue psychique. "On fait monter des polémiques, on ne creuse rien, on passe chaque jour d'une info à l'autre… En sortant de ça, le cerveau est essoré. Résultat, je sature, j'ai des petits trous de mémoire." Après des mois à écouter chaque nuit des dizaines de sujets sur le Covid, "des proches de gens qui sont morts, le gouvernement qui change de consigne tous les deux mois, les médecins qui disent tout et son contraire…", Céli...

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