Encore plus de rigueur (presse grecque)

Gilles Klein - - 0 commentaires

Nouveau vent de fronde en Grèce contre la rigueur, et cette fois jusqu'au Parlement. Les députés ont voté hier un nouveau projet de loi comportant encore plus de rigueur pendant que plus de 70.000 manifestants étaient rassemblés devant le Parlement avant d'être dispersés par la police. Face à la baisse de leur salaire insérée dans le projet de loi, les employés du Parlement ont menacé de faire grève et fait plier le gouvernement qui a annulé la mesure.

153 députés pour la rigueur : le chiffre est à la une de la presse grecque ce matin, avec une photo des manifestants massés devant le Parlement pendant le vote.

Sous la pression de l'Union européenne et du FMI, qui en faisaient une condition sine qua non du versement de la prochaine tranche d'aide, 153 députés grecs sur 300 ont voté un nouveau plan de rigueur comportant 18,1 milliards d'économies, tandis qu'une partie du pays était paralysée par une grève de 48 heures dans les transports, les hopitaux et les administrations.

Le plan comporte plusieurs centaines de pages. Parmi les mesures adoptées : la retraite à 67 ans, la baisse du montant des retraites et du salaire des haut-fonctionnaires. Le ministre des Finances voulait aussi diminuer le salaire des employés du Parlement mais ils ont menacé de faire grève immédiatement et d'empêcher le vote de la loi, le gouvernement a donc reculé.

Cité par Kathimerini, le Premier ministre Antonis Samaras a déclaré : «Nous avons franchi un pas déterminant et optimiste vers la reprise». Mais le commentaire publié en bas de une souligne qu'à chaque plan de rigueur, le Premier ministre dit que c'est le dernier, alors que c'est déjà le troisième.

Pendant les débats au Parlement, quelques centaines de manifestants ont affronté la police à coup de cocktails Molotov. Les forces de l'ordre ont riposté et dispersé la manifestation qui rassemblait plus de 70.000 personnes à coup de gaz lacrymogènes et en utilisant des canons à eau.

La Cour suprême grecque a déclaré "anticonstitutionnelle" la baisse de près de 27% des salaires des juges prévue dans le projet de loi souligne l'AFP. La Constitution prévoit que le salaire des juges est "proportionnel au salaire des députés", qui, lui ne baisse pas. Les juges ne sont pas les seuls à voir leurs salaires rabotés : celui des ambassadeurs baisse de 18% à 1.900 euros, celui d'un professeur d'université de 17,8% (1.459 euros) et celui du chef d'état-major de l'armée de 20% (1.872 euros).

"153 Oui" titrent Ta Nea et Naftemporiki.



Par ailleurs, Kathimerini évoque la polémique qui oppose le ministère de l'Intérieur au parti Syriza (Synaspismós Rhizospastikís Aristerás), une coalition de gauche qui participait à la manifestation d'hier. Des membres de ce parti ont filmé des policiers en civil et mis la vidéo en ligne sur le site left.fr.

Le procureur d'Athènes a ouvert une enquête. Les fonctionnaires de police dont les identités ont été révélées ont porté porté plainte. Le secrétaire de Syriza s'en est pris au ministre de l'Intérieur, Nikos Dendias, l'accusant de considérer la police comme l'armée privée du gouvernement et de la laisser commettre des infractions contre les manifestants.

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