Emballement médiatique à Champigny (Libération)
Gilles Klein - - 0 commentaires"«La double attaque du commissariat» de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) du week-end dernier se révèle être un pétard mouillé", constate Libération. L'AFP, AP, France-Soir, Marianne2.fr, et autres ont donné un large écho à ce faits divers.
Faits exagérés, mobile inventé, emballement médiatique : (...)dimanche matin à 8 h 11. L’Agence France Presse (AFP) fait état de neuf interpellations à Champigny après l’attaque d’un commissariat (...)«une vingtaine de jeunes munis de mortiers, de barres de fer et de divers projectiles…ont attaqué le commissariat (...) Un policier explique que «les jeunes[…]protestaient contre la mise en place[…]d’une unité de police spéciale chargée de patrouiller pour mettre fin aux divers trafics». Une autre dépêche donne la version plus nuancée de la préfecture : «des petites fusées de feux d’artifices ont été projetées à un moment vers les policiers».Pour la préfecture,«c’est plus une connerie de gamins désœuvrés qu’une opération programmée». "La Croix de lundi (...) débute son article en soulignant «qu’une marche de plus a été franchie, ce week-end, dans l’échelle des violences qui sévissent quotidiennement entre certains jeunes habitants des quartiers populaires et des policiers»." |
"Lundi matin après que plusieurs engins incendiaires sont lancés devant le commissariat, visiblement en réaction aux interpellations (...) RTL, elle, fait réagir des habitants «inquiets» dont certains témoignent de leur souhait de quitter le quartier. BFM, à l’origine de l’info ensuite reprise par l’AFP," filme une vitre brisée ... avant les événements.
"Florence Biedermann, rédactrice en chef à l’AFP, estime que l’agence«a fait ce qu’elle avait à faire (...)On n’est pas maître de l’ampleur du phénomène»,poursuit-elle. Dominique Adenot, maire communiste de Champigny, dénonce, pour sa part, une «déformation»par les médias". conclut Libération.
Des reprises plus ou moins nuancées
Lundi 4 juillet France Soir écrit à propos du premier incident "Une source policière le décrit comme une attaque mûrement réfléchie. Une vingtaine de jeunes armés de barres de fer et de pétards aurait foncé sur le commissariat, installé en plein cœur de la cité du Bois-Labbé. Motif : ils seraient mécontents du récent déploiement d'une brigade spécialisée de terrain (BST). (...)Vers 1h30 la nuit du dimanche à lundi, quatre cocktails molotov sont lancés sur le parking du même commissariat. Un véhicule est endommagé mais l'attaque ne fait aucun blessé. Les assaillants réussissent à prendre la fuite.
"De cette attaque, il ne reste aucune trace lundi, hormis les doutes et les interrogations des habitants de la cité. Certains d'entre eux assurent qu'ils n'étaient pas au courant de la création d'une nouvelle brigade et que tout serait parti d'un «jeu de gamins » avant que les premières interpellations ne donnent plus d'ampleur à l'évènement." ajoute France Soir.
"Dans un communiqué, l'UNSA Police a dénoncé lundi "l'aisance de certains jeunes à s'attaquer à un commissariat de police avec pour simple prétexte leur opposition à la création d'une 'patrouille anti-trafics'". Le syndicat estime que "force doit rester à la loi" et qu'il "est inconcevable de penser qu'un groupuscule de jeunes gens puisse, dans la violence, dicter la ligne de la politique locale en matière de sécurité". signale une dépêche de l'agence AP reprise sur le site du Nouvel Obs, lundi 4 juillet à 15h40.
"Un commissariat attaqué à Champigny-sur-Marne : une blague de jeunes?" s'interrogeait le site Marianne2.fr lundi midi en reprenant des extraits d'un billet du blog du magistrat Philippe Bilger : "les propos du préfet de Val-de-Marne, Pierre Dartout, et de son entourage me semblent inadaptés quand ils allèguent : «C'est plus une connerie de gamins désoeuvrés qu'une opération programmée» (20 minutes, nouvelobs.com). Ils sont sujets à caution, que l'affaire soit intrinsèquement grave ou qu'elle perde de son importance symbolique après enquête. Dans tous les cas, rien de plus maladroit que cette réaction immédiate semblant par avance exonérer ! On a tort de plaisanter avec ces incidents de la vie sociale qui, à force de se multiplier, sont pris à la légère parce qu'on ne se sent plus le courage de les tarir à la source par une politique digne de ce nom.".