Elections : Berlusconi a perdu sa "magie" (presse italienne)

Gilles Klein - - 0 commentaires

Coup de tonnerre en Italie. La gauche a gagné les élections à Milan (capitale économique de l'Italie, ville natale et fief de Berlusconi depuis ses débuts) avec 55,10% des voix. A Naples, c'est un ancien magistrat anti-corruption, Luigi de Magistris, qui l'emporte sur le candidat de Berlusconi, avec 65,37%.

"La magie perdue du Cavaliere", titre l'éditorial de la Stampa:

C'est un leader radioactif.» Cette plaisanterie politiquement incorrecte sur Berlusconi émane d'un responsable de l'administration américaine à la fin du G8. Une manière d'évoquer le malaise de plusieurs leaders étrangers face au Premier ministre et à ses cauchemars de complot judiciaire organisé contre lui." Le vent a tourné ajoute La Stampa : "Un vent qui montre que Silvio Berlusconi n'est plus en harmonie avec la majorité des Italiens. Depuis la naissance des télévisions privées, il avait toujours été un excellent interprète des états d'âmes et des désirs des Italiens, qu'ils soient électeurs ou consommateurs. (...) Aujourd'hui ce mécanisme du consensus est cassé, pas à cause d'une enquête judiciaire, mais parce que le Cavaliere ne comprend plus ce qui se passe en ce moment dans la tête et dans la vie des Italiens."

picto La Stampa mardi 31 mai 2011




"Le grand psychodrame", titre Il Giornale, le quotidien de la famille Berlusconi, qui ne se gêne pas pour caricaturer dans le sous-titre: "La gauche parle de villes libérées, alors qu'elle veut les offrir aux Roms et aux musulmans."

La photo montre un militant de gauche avec un drapeau rouge orné du portrait de Che Guevara sur la place du Duomo (la cathédrale de Milan), le lieu le plus symbolique de la ville.

En bas de la Une, l'éditorial du chroniqueur Marcello Veneziani reconnait pourtant avec franchise : "Depuis 1994, je préfère Berlusconi à ses rivaux. (...) J'ai la possibilité d'écrire dans ce journal avec une liberté d'opinion que personne ne m'a offerte ailleurs. Vraiment, j'écris tout ce que je pense. Je suis d'accord pour considérer que c'est la fin d'un cycle. Berlusconi a perdu sa lucidité."

Il Giornale mardi 31 mai 2011picto

"Merci l'Italie", titre le quotidien de gauche l'Unita.

En page 2, l'éditorial de Concita de Gregorio, patronne de la rédaction, est titré "Mission accomplie" :

"Elle est belle cette victoire, parce que c'est beaucoup plus qu'un succès électoral. C'est la confirmation de ce que nous écrivons depuis des semaines, depuis des mois, ce que chacun d'entre nous ressent autour de lui dans le monde réel, une évolution douce : le vent a finalement tourné. Les Italiens ont relevé la tête", écrit de Gregorio avant d'appeler de ses voeux l'arrivée d'un "gouvernement qui rende à l'Italie sa dignité perdue".

picto L'Unita mardi 31 mai 2011


"Le changement est possible" titre l'éditorial de la Repubblica : "Avec des pourcentages qui semblaient impossibles il y a un mois, l'Italie des villes a envoyé un signal clair à Berlusconi : le pays veut tourner la page."

La Repubblica mardi 31 mai 2011picto

"L'après-Berlusconi a commencé", selon l'éditorial du Corriere della Sera, qui estime que la situation ne va pas basculer à court terme, mais souligne que l'avenir de la coalition entre la Ligue du Nord d'Umberto Bossi et le parti de Berlusconi (qui en a besoin pour conserver la majorité au Parlement) est en question.

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