Duhamel : Peillon, et la "paranoïa absurde" d'Internet (Libération)
Gilles Klein - - 0 commentairesAprès avoir affronté Peillon sur le plateau Grand Journal (comme @si le signalait) Alain Duhamel revient sur l'attitude de Peillon dans sa chronique de Libération.
"Certains diront que la terre ne s’arrête pas de tourner pour autant, que Vincent Peillon a employé une ruse médiatique pour déjouer une dérive médiatique, que les journalistes de France2 se sont fait battre avec leurs propres cartes et que c’était administrer une bonne leçon à ceux qui mettent Eric Besson, Marine Le Pen et l’identité nationale à leur programme. Cette thèse-là ne tient pas."
"Le message de Vincent Peillon et sa stratégie du traquenard ne constituent cependant pas le pire de l’affaire. Le grand républicain que veut être Peillon a réclamé en effet, à l’occasion du tapage soigneusement provoqué, la démission d’Arlette Chabot et des responsables de France2. Cela s’appelle une rechute et rappelle de mauvais souvenirs, l’époque où la gauche réclamait des têtes symboliques dans les médias. Cela offre sur un plateau des arguments précieux à la droite. Lorsque des nominations contestées ou des évictions contestables auront lieu, le précédent Peillon sera évidemment brandi. S’il a néanmoins exigé des têtes, c’est qu’il veut croire que les journalistes, les médias, participent tous à des opérations d’intoxication idéologique, de manipulation politique, de mise en condition psychologique. C’est une thèse que l’on rencontre beaucoup sur Internet. Elle n’est pas seulement paranoïaque mais absurde: les médias ne forment pas un bloc cohérent, les journalistes ne sont pas des soldats de plomb aux uniformes identiques, il n’y a pas de tireurs de ficelles démoniaques et omnipotents." Libération jeudi 21 janvier 2010 ![]() |
L'occasion de lire la chronique de Daniel Schneidermann Aphatie, Duhamel, et le mensonge de Peillon
