Double jeu sud-africain en Côte d'Ivoire

Gilles Klein - - 0 commentaires

Les quatre chefs d'Etats du "panel", mandaté par l'Union africaine (UA) pour trouver une solution à la crise ivoirienne sont divisés. Le président sortant, Laurent Gbagbo, et le nouveau président élu, Alassane Ouattara, reconnu par la communauté internationale, campent sur leur position depuis novembre 2010. Le site Abidjan.net souligne que l'un des médiateurs, le président sud-africain Jacob Zuma "

s'est finalement laissé prendre à son double jeu " pour défendre les intérêts économiques de l'Afrique du Sud, en soutenant Gbagbo.

"Derrière son manteau de médiateur dans la crise post-électorale, Jacob Zuma est résolument à la recherche de débouchés pour les entreprises sud-africaines. Et, pour le dignitaire zoulou qui s'est visiblement attaché les services de son prédécesseur, Thabo M'Beki, en qualité de conseiller pour les affaires ivoiriennes, il n'y a que Laurent Gbagbo pour offrir de nouveaux contrats juteux aux opérateurs économiques du pays de Nelson Mandela", ajoute Abidjan.net, avant de préciser : "En effet, dans l'esprit des deux autorités sud-africaines, avec la rigueur affichée par le nouveau président, Alassane Ouattara, il serait difficile pour les hommes d'affaires sud-africaines de remporter le moindre marché en Côte d'Ivoire. Sur conseil de l'Angolais Eduardo dos Santos, MM. Zuma et M'Beki s'investissent donc à fond dans l'opération de sauvetage du régime Gbagbo. Son passé plaide en sa défaveur."

L'Afrique du Sud semble donc pencher pour une solution de compromis, où chacun prendrait le pouvoir à tout de rôle, selon son ministre des Affaires étrangères, cité par l'AFP : "L'un pourrait être président et l'autre vice-président pendant deux ans et ensuite ils alterneraient." Ce qui n'a pas plu aux militants pro-Ouattara, qui ont manifesté leur hostilité devant l'hôtel où séjournait Jacob Zuma, le président sud-africain. Ceci alors que Ouatarra a retardé sa rencontre avec les quatre négociateurs, pour protester contre l'absence du président burkinabé Blaise Compaoré, considéré comme lui étant favorable. Compaoré n'est pas venu "pour des raisons de sécurité". Craignait-il que les forces fidèles à Gbagbo s'en prennent à lui ?

La presse pro-Ouattara s'efforce de rester optimiste. Le Nouveau Réveil mentionne néanmoins, dans son surtitre, les divisions au sein de l'Union Africaine. Même attitude pour l'Inter qui écrit que des "émissaires de CEDEAO rassurent Ouattara". La Communauté Economique Des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) est un regroupement régional de quinze pays né en 1975.

Méthode Coué pour Le Patriote, qui écrit que "le panel de l'UA confirme l'évidence" de la victoire de Ouattara, ce qui n'est pas le cas. Dans le bandeau de Une, L'intelligent d'Abidjan (pro Ouattara) souligne, lui, l'impuissance de l'UA pour rétablir le calme et la sécurité en Côte d'Ivoire.

Du côté des pro-Gbagbo, Le Nouveau Courrier titre sur la "terreur" qui serait semée par les "rebelles de Ouattara" (des partisans de Gbagbo ont été tués dans un quartier pro-Ouattara), et souligne en bas de page que la CEDEAO aide Ouattara, qui serait sorti affaibli après la réunion des émissaires de l'UA. Fraternité Matin a plutôt choisi de mettre en valeur le travail de l'UA sur la "crise-post-électorale".

Lire sur arretsurimages.net.