Des eurodéputés malmènent la troïka (Mediapart)

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Ils n'avaient encore jamais rendu des comptes aux députés européens. Mardi 27 mars, les trois dirigeants de la Troïka (UE-BCE-FMI), chargés de superviser les plans d'austérité en Grèce, ont été convoqués pour la première fois au Parlement européen pour répondre aux questions des députés. Et ces derniers ne se sont pas privés pour les "bousculer", indique Mediapart.

On ne les connaît pas et pourtant ils jouent un rôle clé dans la crise grecque. Olli Rehn, commissaire européen aux affaires économiques, Jörg Asmussen, membre du directoire de la Banque centrale européenne, et Poul Thomsen, chef de la mission du Fonds monétaire international (FMI) à Athènes sont les trois dirigeants de la Troïka qui supervisent les plans d'austérité grecs. Ce sont eux qui ont rédigé la longue feuille de route (le "mémorandum") imposée à la Grèce en contre-partie des aides financières.

Mardi 27 mars, ces trois dirigeants ont été convoqués pour la première par le Parlement européen à l'initiative du groupe socialiste pour rendre compte du bilan des plans de rigueur. L'occasion pour les eurodéputés de les "bousculer"d'après le compte-rendu de la séance publié sur Mediapart. "Les trois hommes de la Troïka me rappellent les trois singes du conte chinois : ne pas voir, ne pas entendre, ne pas parler..." a par exemple ironisé Robert Goebbels, un eurodéputé luxembourgeois socialiste. "Plus la Grèce met en œuvre le remède, et plus elle tombe en récession. Est-ce que la Troïka va finir par reconnaître qu'elle fait fausse route ?", a aussi dénoncé l'eurodéputée portugaise Elisa Ferreira. "Vous est-il arrivé, messieurs, de douter un jour de la pertinence des hypothèses sur lesquelles reposent vos politiques ?" s'est également interrogé l'eurodéputé PS, Liêm Hoang-Ngoc (que nous avions reçu dans une de nos émissions).

Face à toutes ces attaques, les trois responsables de la Troïka sont restés "droits dans leurs bottes" et "ne se sont pas démontés", explique Mediapart. Ils ont défendu les plans d'austérité successifs en attribuant l'échec du premier à l'attitude de la Grèce, laquelle aurait "deux talons d'Achille" : "le manque d'unité politique" du pays et une "capacité de l'administration" à mettre en oeuvre les plans d'austérité qui a été surévaluée par la Troïka.

Et maintenant ? Le nouveau plan d'austérité peut-il réussir ? Oui, "s'il est mis en œuvre à 100 %, sur toute la durée du programme, et si tous les partis politiques le font leur", a affirmé le membre du directoire de la BCE. Pas sûr qu'il ait convaincu le groupe socialiste. "Je constate que vous n'avez pas fait référence au concept de justice sociale, pendant vos interventions. J'ai un regret, j'aurais dû vous apporter un exemplaire du livre de [l'économiste britannique Richard] Wilkison, qui montre que l'efficacité économique repose aussi sur la justice sociale", a conclu la socialiste Pervenche Berès, qui co-présidait les débats.

Des débats plutôt tendus donc, mais qui n'ont fait l'objet pour l'instant, d'aucun article dans la presse quotidienne et aucun sujet dans les JT. A part Mediapart, nous n'avons retrouvé qu'une dépêche de l'agence de presse belge Belga... qui n'a insisté que sur la détermination de la Troïka, et non le fait qu'elle ait été quelque peu "bousculée".

L'occasion de revoir notre émission sur la manière dont les Grecs vivent ces plans d'austérité.

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