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  • Pekebou 7 avril 2026 à 17:34

    par Gideon Levy


    Après des années durant lesquelles Israël a fait ce qu’il voulait, la guerre en Iran pourrait devenir un tournant dans les relations entre les USA et Israël. Rompre le lien inconditionnel entre les deux pourrait devenir le seul espoir d’Israël pour faire face à la réalité de l’occupation et de l’apartheid et pour mettre fin à ses guerres sans fin. Israël devra alors finalement choisir entre un Israël différent, ou pas d’Israël du tout.


    À la fin de cette guerre futile, une lueur d’espoir émerge. Elle est écrite sur de la glace : ça pourrait tourner au désastre, comme le font les guerres, et pourtant, il y a un certain espoir. En ces jours de désespoir, il est difficile d’attendre plus que ça.

    La guerre pourrait générer un bouleversement fatal des relations entre les USA et Israël. Ce qui était ne sera plus. Alors qu’en Israël on se félicite de la coopération entre les deux pays et de l’alliance des pilotes forgée dans les cieux de Téhéran, des nuages noirs se forment au coin du ciel. Plus l’échec de la guerre deviendra apparent, plus il deviendra clair que les USA se sont fourrés dans un pétrin sans savoir comment en sortir, plus grand sera le jeu des accusations qui s’ensuivra.

    Il sera manifestement unilatéral. Les USA rejetteront toute la faute sur Israël. Cela pourrait provoquer un effet domino dans d’autres pays qui n’attendent que la rupture des liens entre les deux. Quand le feu s’éteindra, Israël pourrait se retrouver dans une situation qu’il n’a jamais connue : une Corée du Nord locale. Il pourrait devenir un État paria isolé, privé du soutien usaméricain sans lequel il ne peut exister.

    Les soubassements malsains des liens entre les USA et Israël auraient dû être éradiqués il y a des années. Sans une base logique d’intérêts communs, cela n’aurait pas pu durer. La répartition des rôles entre eux est devenue de plus en plus floue au fil des ans, au point que l’on ne savait plus qui était la superpuissance. Israël a fait tout ce qu’il voulait, et d’immenses quantités d’aide ont afflué sans condition.

    Du temps de Mr. America, alias Benyamin Netanyahou, qui a osé faire un pied de nez aux USA plus qu’aucun autre Premier ministre avant lui, ces relations ont pris des proportions monstrueuses. Un Premier ministre a sapé les présidents usaméricains, et son pays n’en a subi aucun dommage, par exemple sous le mandat de Barack Obama. Colonies, annexion, guerres criminelles à Gaza et au Liban, pogroms, apartheid, génocide – et les USA ont condamné. Ils ont condamné mais ont continué à payer, ils ont réprimandé mais ont opposé leur veto à l’ONU, ils ont morigéné mais ont envoyé des ponts aériens avec des munitions.

    L’Europe a été forcée de se mordre la langue et de ne rien faire, même après la guerre de Gaza, par peur des USA. Aujourd’hui, elle n’attend qu’une occasion de régler ses comptes avec Israël, tout comme de larges pans de l’opinion publique usaméricaine, y compris au sein des communautés juives. Tout le monde en a plus qu’assez de ce genre d’Israël, avec son mépris constant de la communauté internationale, son dédain du droit international et l’écart inconcevable entre l’opinion publique de la plupart des pays du monde et les positions de leurs gouvernements.

    La guerre contre l’Iran pourrait devenir un tournant. Les deux partis usaméricains n’attendent que la fissure pour éclater. Le premier à rejeter la faute sur Israël sera Donald Trump. Il donnera le signal, et le déluge suivra. Cela pourrait être destructeur, mais cela pourrait pousser Israël dans une direction positive.

    Rompre le lien inconditionnel entre les USA et Israël pourrait devenir le seul espoir, si cela s’accompagne d’un changement profond dans les politiques israéliennes. Ce changement n’aura pas lieu de lui-même. Israël ne se réveillera pas un matin en se disant qu’il faut arrêter l’occupation, l’apartheid et ses guerres sans fin, et qu’il doit aussi écouter le monde. Seule la rupture du lien avec les USA pourrait amener ça. Il y a ici un risque que le bébé – qui n’est plus un bébé depuis longtemps – soit jeté avec l’eau du bain global.

    Il est difficile d’imaginer Israël manœuvrant sans les USA. Il est vrai que les bavards de droite sont certains qu’Israël n’a pas besoin de l’USAmérique, mais ils devront faire face à la réalité. Soudain, il n’y aura plus d’armes, plus d’argent, plus de veto au Conseil de sécurité de l’ONU. Et alors ? La leader des colons, Daniella Weiss, nous protégera-t-elle ? Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, empêchera-t-il une résolution de l’ONU ? Les Ford Ranger des colons iront-elles à Téhéran ?

    Ce jour est plus proche que ne le pensent tous les participants à la marche de la folie d’Israël. Israël devra alors finalement choisir entre un Israël différent, ou plus d’Israël du tout.


    source : Haaretz

  • Hallucined Imposteur 7 avril 2026 à 16:50

    Un commentaire, toujours d'actualité, de Jacques Prévert

  • Kouma 7 avril 2026 à 15:38

    Sur le même sujet


    https://www.acrimed.org/Iran-l-editocratie-en-renfort-d-une-guerre-juste


  • genevievebrt-163614 genevievebrt 7 avril 2026 à 14:19

    Ça rappelle Guillaume Durand en 1991 quand pour nous convaincre que kes armes américaines ne tuent même pas les méchants on montrait des vidéos des fameuses "frappes  chirurgicales". Ils n'ont pas poussé jusqu'à inviter un représentant du département de la guerre US, ce sera pour le prochaine episode ? 

  • jammrek 7 avril 2026 à 14:11

    Parce que si la loi Yadan passe, ce genre d'article deviendra un délit pénal, on signe la pétition svp :


  • jammrek 7 avril 2026 à 14:00

    Pour les anglophones qui voudraient un autre son de cloche, deux sources :


    Al Mayadeen, chaîne libanaise proche du Hezbollah


    Seyed Marandi qui est un iranien qui donne le point de vue d'un partisan du régime 


    Sources biaisées bien sûr mais qui, ne l'oublions pas, sont représentatives de l'opinion de la grande majorité des populations concernées. 

  • Hallucined Imposteur 7 avril 2026 à 13:07

    Contactée, la chaîne LCI n'a pas répondu à notre demande d'interview. 

    Contactée, la chaîne CNews n'a pas répondu à notre demande d'interview. 

    Contactée,  France Info n'a pas répondu à notre demande d'interview. 


    Et la liste est longue des chaines d'informations "sans tête et sans méninge" 


    On les regarde plus que d'une fesse distraite et encore ....

    Mais qui va  pendant  tout ce temps perdu d’observation  reconstruire une gauche crédible ?

    le PS, LFI ou Place Publique ? Je me marre !!!!!


    Continuez à analyser, à regardez à  la loupe les errements des médias, ils font hélas l'opinion ! 

    Critiquez les turpitudes et les imbécilités  du camp d'en face, vous ne convaincrez que nous-même.  

    Rendez-vous  aux prochaines élections,   cela  risque d'être saignant.

    Signé Un pessimiste peu optimiste.


    Youpie

  • Kirei 7 avril 2026 à 12:57

    Excellent article .

    Le bilan médiatique à tirer ? Plus t'es nul , plus tu passes à la télé. 

    L'info depuis longtemps est à chercher loin des mainstream , tous organes de propagande. Tous atlantistes.

    Il reste heureusement quelques médias indépendants qui font le taf. 

    Mais quelle audience ?


    En complément 






  • Tristan Le Gall 7 avril 2026 à 10:20

    Pour lire des analyses politiques et militaires plus équilibrées (et surtout plus pertinentes), je conseille de lire le professeur Philips P. O'Brien. Et bien sur Timothy Snyder, donc voici la traduction d'une de ses analyses


    Le Principe du Plaisir


    L’attaque contre l’Iran est condamnable à bien des égards : moralement, juridiquement et politiquement. Mais mettons tout cela de côté un instant et concentrons-nous sur la logique de la planification militaire. Une guerre ne peut être gagnée sur un coup de tête, car elle résulte d’un plan préétabli.


    La planification militaire obéit à une logique. Les différentes traditions de stratèges emploient des termes différents, mais ce schéma est représentatif :

    1. Intérêt national, 2. Politique, 3. Stratégie, 4. Tactique, 5. Opérations, 6. Capacités.


    Un intérêt national correspond à la préservation ou à la sécurité d’un peuple ou d’un État. Une politique est une notion générale sur la manière d’atteindre cet objectif dans une région donnée du monde. La guerre, comme le dit Clausewitz, est une politique mise en œuvre par d’autres moyens. Ainsi, la politique conduit parfois à la stratégie, un plan global pour remporter la victoire. Une tactique est un élément de la stratégie, par exemple le déploiement des forces, leurs modalités et leurs objectifs. Une opération est une action spécifique, par exemple sur le champ de bataille. Une capacité désigne la combinaison de ressources humaines, techniques et d’armements nécessaire pour obtenir un effet précis dans un contexte donné.


    Le processus logique fonctionne dans les deux sens : conception et vérification.


    Lors de la conception, chaque élément détermine le suivant. Ainsi, l’intérêt détermine la politique, la politique détermine la stratégie, la stratégie détermine la tactique, la tactique détermine les opérations et les opérations déterminent les capacités.


    Lors de la vérification, on effectue un contrôle inverse. Dispose-t-on des capacités nécessaires pour mener à bien cette opération ? L’opération sert-elle la tactique ? La tactique est-elle cohérente avec la stratégie ? La stratégie met-elle en œuvre la politique ? La politique est-elle conforme à l’intérêt national ?


    Bien sûr, la guerre est un chaos sanglant et imprévisible. Il est difficile de savoir ce qui se passe réellement, même pour les participants. L’ennemi réagit de manière imprévisible. Les conséquences se propagent rapidement dans le monde entier, puis retombent sur le champ de bataille. Les dirigeants peinent à comprendre la situation. Dans le cas de Donald Trump, on leur présente des vidéos de deux minutes montrant des « explosions » au lieu de leur fournir des informations détaillées.


    Ces six termes sont des abstractions, comme l’est, d’une certaine manière, toute planification militaire. Ils ne suffisent pas à gagner une guerre. Mais ils sont nécessaires, ou quelque chose d’approchant. Sans logique fondée sur un intérêt national, aucune guerre ne peut être gagnée, car la victoire exige un objectif. Or, nous n’en avons aucun.

    Dans la guerre contre l’Iran, les États-Unis démontrent certaines capacités (d’une manière fort regrettable, mais c’est un autre sujet). Mais il n’y a rien d’autre à aucun autre niveau de la chaîne logique. Au mieux, nous pouvons identifier quelques opérations.


    Faute d’intérêt national, ce sont les capacités qui ont tout déterminé. Il était possible d’éliminer les dirigeants iraniens, et nous l’avons fait. Il était possible de lancer des frappes de missiles, et nous l’avons fait.


    Dans un excellent article, bien plus nuancé que celui-ci, B.A. Friedman soutient que le raisonnement était fondamentalement inversé : l’idée était que les capacités engendrent le succès des opérations, qu’un nombre suffisant d’opérations constitue une tactique, un nombre suffisant de tactiques une stratégie, et un nombre suffisant de stratégies une politique. Son analyse est parfaitement juste. On ne peut pas se réjouir de faire exploser des choses et prétendre que cela relève de l’intérêt national. Ce n’est pas parce qu’on est capable de faire certaines choses qu’on peut expliquer à la nation pourquoi on les fait. Et Trump, lui, ne l’a certainement pas fait.


    La seule explication constante de Trump est le plaisir. Trump s’est senti bien après l’enlèvement de Maduro au Venezuela. Il a appelé l’émission Fox and Friends pour dire combien il serait agréable de renouveler l’expérience. Il affirme maintenant que la guerre en Iran est « amusante ». Hegseth utilise des termes similaires.


    C’est le principe de plaisir. Si la guerre procure du plaisir, faites-la. Trump et Hegseth tirent satisfaction à tuer ou à dominer d’autres peuples.


    Cela n’a pourtant rien à voir avec l’intérêt national.


    Il n’existe aucune preuve qu’il y a autre chose que ce principe de plaisir. Avec de bonnes ou de mauvaises intentions, les commentateurs tentent d’imposer une politique à ce caprice. Mais il ne s’agit que de caprice, du début à la fin. Et une guerre menée par simple plaisir ne peut être gagnée.


    Maintenant que nous avons commencé par le principe de plaisir, Trump est pris au piège, du moins pour un temps, tel un joueur amateur, dans la logique behavioriste de l’alternance de plaisir et de douleur. Au début, c’était agréable. Mais ensuite, ce ne fut plus le cas lorsque l’Iran a refusé de capituler, lorsqu’il a détruit des infrastructures américaines, lorsqu’il a bloqué le détroit d’Ormuz. Alors maintenant, nous devons « redoubler d’efforts » (songez à la fréquence d’apparition de ce jargon de jeu !) pour que Trump puisse obtenir une nouvelle dose de plaisir. Chaque dose sera plus insaisissable que la précédente.


    Et celui qui suit le principe de plaisir jusqu’à la guerre ne peut comprendre l’autre camp. Il ne peut comprendre aucune action fondée sur d’autres fondements que les siens. Si l’autre camp ne « s’amuse pas » (selon les propres termes de Trump), il devrait capituler. Dans le cas contraire, c’est, d’après Trump, « injuste ».


    À ce stade, le droit, la morale et la politique démocratique semblent tout à fait pertinents. La guerre ne nous en dispense pas. Bien au contraire, la réussite d’une guerre américaine l’exige. Les limites légales, les principes éthiques et les principes démocratiques peuvent tous être défendus (et célébrés !) individuellement. Mais même dans le cadre d’une simple planification militaire efficace, ils ont toute leur importance. Certes, la notion d’« intérêt national » peut être définie de multiples façons. Mais si nos discussions s’appuient sur le droit, l’éthique ou la politique démocratique, elles ne seront pas confondues avec le plaisir d’un seul individu.


    Le droit nous interroge sur la légalité de nos actions. En l’occurrence, la réponse est clairement non : nous menons une guerre d’agression illégale. Face à ce constat, il serait judicieux de s’interroger sur la pertinence de porter atteinte à l’ordre international. La morale, quant à elle, nous interroge sur la justesse de nos actes. Compte tenu de cela, prenons un instant pour réfléchir à l’opportunité de nous engager dans des conflits meurtriers sans raison valable. La politique nous rappelle que nous sommes citoyens, que le Congrès nous représente et que, selon la Constitution, la guerre relève de son domaine. Forts de ce constat, nous pourrions conclure qu’un examen par des instances extérieures à la Maison Blanche nous aurait épargné ce carnage. Le problème n’est pas la victoire de l’Iran. Nul doute que le régime en sortira affaibli, du moins sur la scène internationale.


    Le problème est que les États-Unis ne peuvent pas gagner, car ils ne se battent pour rien. Leurs capacités deviennent un piège, incitant à des actions supplémentaires qui pourraient certes nuire à l’Iran d’une certaine manière, mais qui ne peuvent mener à une victoire américaine, faute d’objectif. Et le principe de plaisir de Trump profite à autrui. Son entourage s’enrichit. Et son protecteur, Vladimir Poutine, se porte à merveille.


    Pour moi, les arguments moraux, juridiques et démocratiques sont décisifs en eux-mêmes. Je les ai déjà abordés ailleurs. Je crains notamment que Trump n’instrumentalise cette guerre (ou la prochaine) – et une attaque terroriste connexe – pour tenter (ce qui, a priori, ne fonctionnerait pas) de truquer les élections.


    Mais même en ne considérant que la planification militaire, les considérations morales, juridiques et démocratiques s’opposent à toute dérive tyrannique, à ce moment où un dirigeant sans contrôle utilise le pouvoir de l’État pour faire la guerre et assouvir sa soif de pouvoir. Pour les Américains, la seule victoire dans cette guerre serait de rétablir les principes qui l’auraient empêchée.

  • ramon 4 7 avril 2026 à 10:02

    Le pied  d'estale ?  Habituellement, Fenwick cause assez bien français.


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