Copenhague : fin du processus onusien ? (presse internationale)

Gilles Klein - - 0 commentaires

Au lendemain de l'échec de la conférence de Copenhague, la déception et la frustration dominent dans les titres de la presse internationale. Les avis divergent sur les responsabilités de l'échec.

"Le monde en otage dans un conflit de pouvoir" titre le quotidien danois Jyllands-Posten samedi 19 décembre pour qui la conférence (dans la capitale du Danemark) a été marquée par un affrontement stérile entre la Chine et les USA, tandis que Tagesspiegel allemand, du même jour, parle de "petits pas pour sauver le monde" et d'un texte qui servira de base à un traité qui serait signé à Bonn l'an prochain. Sur la Une, on reconnaît Angela Merkel, les présidents chinois et américain, et le Brésilien Lula.

En Grande Bretagne, dimanche 20 décembre, c'est la Chine qui est mise en accusation. "La Chine blamée alors que la colère monte" : elle aurait refusé toute limitation chiffrée de la pollution selon The Observer. Même analyse anti-chinoise pour The Independent, qui parle, sur fond de terre violette d'un "échec historique qui restera comme une infamie". Mais en page intérieure, dans une tribune, un militant vert accuse Obama d'avoir été en dessous de tout, pour des raisons de politique intérieure américaine.

"Un début ou un pacte suicidaire ?" demande le South China Morning Post du 20 décembre qui, par ailleurs, cite un représentant des 130 pays en voie de développement dont la Chine : "C'est demander à l'Afrique de signer un pacte suicidaire". Le journal ajoute que le sommet "a évité l'ignominie d'un échec total" avant de conclure que "Pékin sera critiqué pour ne pas avoir soutenu un résultat plus ambitieux"

La Stampa titre : "Climat, le flop de l'Europe", et parle d'un "désastre diplomatique européen" et de "La révolte des petits pays".


"Copenhague sauve la face sous la dictée des USA et de leurs amis" estime le Sunday Times of India (Inde) Tandis que Gulf News, publié dans les Emirats Arabes Unis, note que "l'accord de dernière minute laisse les pays en voie de développements amers"

"La conférence de Copenhague montre que ce sont les USA et la Chine qui pourraient décider de l'avenir" titre en bas à droite sur une seule colonne le Washington Post qui parle d'un nouvel ordre mondial que "les leaders de l'Europe, du Japon et des autres pays n'ont pu que valider".

Dans le deuxième article, à droite sous la photo (tempête de neige qui a frappé la côte Est des USA ce week-end), le New York Times constate qu'après "deux semaines de discussions et un accord dernière minute, la conférence des Nations Unies s'est terminée tôt samedi matin, sans enthousiasme par un texte mis en forme par les cinq plus grandes nations." Le New York Times ajoute que le chaos qui a régné à Copenhague pourrait marquer la fin d'un processus dirigé par les Nations Unies qui a paru depuis 20 ans comme la meilleure méthode pour faire face au changement de climat : "Le vrai travail de coordination des efforts internationaux se fera désormais ailleurs" en se limitant "à un petit groupe d'une trentaine de pays qui représentent 90 % des émissions qui réchauffent l'atmosphère."

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