Contacts avec Wikileaks ? Le Pentagone s'embrouille

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Wikileaks s'apprêterait à divulguer 15 000 nouveaux documents classés confidentiels sur le conflit afghan. L'opération n'est pas une mince affaire, d'autant que le site entend éviter de reproduire ses erreurs de juillet. "Des informations permettant d'identifier des informateurs afghans aidant les troupes américaines n'ont pas été masquées par Wikileaks" comme nous le signalions dans un précédent article. Cela avait entraîné de nombreuses critiques de la part d'associations humanitaires, et de médias.

Cette fois Wikileaks a décidé de prendre les devants. Selon le New York Times, le site aurait contacté le département de la défense américain pour demander son aide afin d'examiner les documents. Wikileaks annonce même que le pentagone a accepté son offre. "Faux" rétorque le ministère qui refuse de travailler avec le site. Mais l'on a également appris que le Pentagone a tenté de rencontrer un représentant de Wikileaks dimanche 15 août.

L'histoire est en fait très embrouillée. Un simple coup d'oeil sur les dépêches AFP parues le 18 août dans l'après midi suffit pour s'en convaincre.

A 16 h 18, une dépêche informe les rédactions que selon un responsable de Wikileaks "l'armée américaine est prête à discuter avec le site Wikileaks d'une aide pour retirer certaines informations sensibles de 15.000 documents militaires confidentiels sur la guerre en Afghanistan sur le point d'être publiés".


Une information confirmée par le New-York Times en date du 19 août qui cite même Julian Assange: "plus tôt dans la journée, Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks.org, cité par l'Associated Press a déclaré que le Pentagone avait accepté de négocier sur la manière d'expurger les fichiers et de supprimer des noms et des informations qui pourraient nuire à des individus". 

A 17 h 20, l'AFP indiquait que selon un responsable américain "le Pentagone n'est "pas intéressé" par des négociations avec Wikileaks sur les documents confidentiels sur la guerre en Afghanistan que possède le site".

Les choses se compliquent encore lorsque le Pentagone annonce avoir tenté de rencontrer un représentant de Wikileaks. Le ministère publie même une lettre adressée au représentant du site. Mais la rencontre n'a jamais eu lieu, selon le porte-parole du Pentagone. Il ajoute : '"si elle avait eu lieu, aurait uniquement été d'"expliquer à cette personne la position du Pentagone: le département de la Défense ne négociera pas pour arriver à une version aseptisée de documents classés, et exige qu'aucun nouveau document ne soit publié"

En voulant clarifier les choses, le Pentagone, vient en fait de les compliquer. Y-a-t-il eu oui ou non des contacts avec Wikileaks ? Réponse du porte-parole : "le Pentagone n'a eu aucun contact direct'" avec le site. Fin mot un jour, quand les débats internes du Pentagone fuiteront...sur Wikileaks ?

A voir aussi, le dossier qu'@si consacre au phénomène Wikileaks.

(Par Jean-Yves Alric)

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