Communication partout, info nulle part ? (ProPublica)
Gilles Klein - - 0 commentairesL'industrie des relations publiques commence à remplir les vides laissés par les rédactions dont les effectifs diminuent souligne le site ProPublica. Ce site, né en 2008, emploie une trentaine de journalistes d'enquête soutenus par une fondation à but non lucratif. Certains articles sont repris dans des grands quotidiens de la presse papier.
A Houston, l'US Coast Guard (gardes côtes) organise des auditions publiques officielles pour recueillir des avis ou des questions concernant la marée noire du Golfe de Mexique (survenue en 2010). Un journaliste du New York Times, David Barstow, remarque que la salle est pleine, mais la majorité des présents prend des notes et ne pose pas de questions. Ces personnes ne sont pas là pour cela, "elles sont chargées de répondre aux questions". Explication "«Quand vous assistez à ce genre d'audition, il y a plus de chargés de relations publiques que de journalistes, quelques fois deux ou trois fois plus que de reporters.» explique Barstow parlant « de bataillons d'attachés de presse »". Dans un livre intitulé The Death and Life of American Journalism (Vie et mort du journalisme américain) Robert McChesney et John Nichols comparent le nombre de journalistes et le nombre d'attachés de presse aux USA : "En 1980 il y avait environ 0,45 chargé de relations publiques pour 100 000 personnes contre 0,36 journaliste. En 2008, il y avait 0,90 communiquants pour 100 000 personnes contre 0,25 journaliste. C'est à dire un contre trois, tout en sachant que les communicants sont mieux équipés et mieux financés." |
"Le chercheur qui a travaillé avec les auteurs sur des données disponibles publiquemeent a étudié les revenus des agences de relations publiques entre 1997 et 2007. Il a constaté que ces revenus étaient passés de 3,5 milliards à 8,75 milliards. Pendant cette même période le nombre d'employés dans ces agences est passsé de 37 735 à 50 499, une vigoureuse croissance de plus de 30 %. Et ces chiffres ne concernent que les agences indépendantes, pas celles qui travaillent pour les grandes compagnies, les groupes de pression, les agences de publicité, etc.."
"Pendant ce temps là le journalisme traditionnel subit un mouvement contraire. L'association des journaux américains souligne que ses revenus publicitaires sont passés de 49 milliards en 2000 à 22 milliards en 2009." tandis que le nombre de journalistes travaillant pour la presse est passé de 56 900 à 41 600 en 2011. Idem pour les journalistes employés par les chaînes de télévision dont le nombre a diminué de moitié mais ProPublica ne donne pas leur nombre.