Climat : rapport trompeur sur le net

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La température de la planète pourrait augmenter de 2,4 degrés d'ici dix ans. C'est ce qu'affirme une étude publiée par l'ONG argentine Universal Ecological Fund. Conséquence de cette révélation : les cultures de blé, riz et maïs seraient dangeureusement menacées. Le journalLe Monde démonte ces estimations "fondées sur une erreur lourde", le Figaro, lui, est moins affirmatif.

  

"Dans un rapport publié cette semaine et intitulé «Déficit alimentaire: les impacts du changement climatique sur la production agricole d'ici 2020», l'organisationestime que la température de la planète pourrait grimper d'au moins 2,4 degrés d'ici 2020 si rien de plus n'est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, indique Le Figaro.Cette analyse figure dans le rapport de l'ONG argentine Universal Ecological Fund que la journaliste reprend largement dans un article titré "Le réchauffement climatique menacerait l'agriculture."

"Blé, riz et maïs, des cultures menacées Trois des quatre principales cultures agricoles du monde seraient ainsi menacées. La production mondiale de blé subirait un déficit de 14%, par rapport à la demande d'ici à dix ans. Un déficit qui s'établirait à 11% pour le riz et 9% pour le maïs," ajoute-t-elle. Ce n'est qu'à la fin de l'article que sont relayés les doutes d'une partie du monde scientifique qui juge cette "étude trop alarmiste" et trompeuse dans la mesure où "elle confond la hausse de la température dite 'd'équilibre' avec la montée de la température transitoire"

Le Monde prend nettement moins de précautions. Le journaliste Stéphane Foucart, spécialisé dans le domaine des sciences environnementales, choisit un angle tout à fait différent. L'article est titré "Un rapport trompeur sur le changement climatique circule sur le Net".


Ce rapport serait, selon lui, le fruit d'une ONG totalement "inconnue" qui présente son travail comme étant"fondé sur les résultats du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat", le GIEC, tant décrié par les climato-sceptiques. Foucart poursuit : "L'ensemble de ces estimations est cependant fondé sur une erreur lourde : la température moyenne globale de la Terre ne peut pas augmenter de 2,4 °C au cours des dix prochaines années, en raison de l'inertie du système climatique. La majorité des travaux scientifiques sur le sujet indiquent que les températures d'ici à la fin du siècle excèderont de 1,1 °C à 5 °C celles qui prévalaient avant l'ère industrielle."

Comment cette étude s'est donc retrouvée sur le net puis dans les colonnes des deux principaux quotidiens nationaux français ? Le Monde explique que l'étude a été postée sur le site Eurekalert"un site administré par la prestigieuse American Association for the Advancement of Science (AAAS), dans une zone d'accès réservée aux journalistes scientifiques".

L'agence y répertorie "des communiqués d'institutions de recherche annonçant la publication de travaux scientifiques". L'AAAS ne cautionne pas les posts d'Eurekalert, précise une porte-parole de cette institution. Alertée, l'association américaine a retiré le rapport trompeur du site d'information. "Trop tard, conclut le quotidien du soir. "L'information était déjà "sortie". Et commençait à faire son chemin sur la Toile".

(Par Mathias Destal)


Comment les journalistes couvrent-ils les questions du climat ? Stéphane Foucart était sur le plateau d'@rrêt sur imagespour répondre à cette épineuse question.

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