Climat : Le Monde et la "confusion"
Gilles Klein - - 0 commentaires"La confusion s'accroît" titre Le Monde, à propos du changement climatique, à l'occasion de la démission d'Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur le changement climatique
. Mais en amalgamant cette démission et les attaques contre le GIEC, alors que les deux n'ont rien à voir, Le Monde semble participer à la confusion qu'il dénonce.
Le Monde explique dans son éditorial : "L'opinion publique, les médias, les milieux politiques s'interrogent. Et si cette affaire de réchauffement climatique n'était qu'un gros bobard ? (...) En gros, Yvo de Boer était à l'ONU une sorte de M. Réchauffement. Sa décision tient à la fois à des raisons de convenance personnelle et à l'échec, en décembre 2009, de la conférence de Copenhague, dont il était l'un des organisateurs. Mais peu importe : elle sera interprétée comme un signe de plus qu'il y a décidément quelque chose de pas clair dans cette affaire de réchauffement. (...) Il peut y avoir des zones de scepticisme sur tel ou tel sujet (...) La communauté scientifique est, de façon écrasante, majoritairement convaincue de deux choses : primo, l'action de l'homme provoque le réchauffement climatique ; secundo, la dangerosité de ce dernier est multiple. Devant la masse des données accumulées, nous, dans ces colonnes, acceptons ce diagnostic." Mais ce qui nous paraît grave, c'est, mouliné par la même machine médiatique, ce sentiment qui s'installe dans l'opinion : le réchauffement climatique relèverait du complot des élites, n'est-ce pas... C'est grave. Parce qu'il y a urgence, parce que la négociation sur la lutte contre le réchauffement est encalminée." Le Monde daté du samedi 20 février 2010 ![]() |
En page 3, l'article explique que le départ d'Yvo de Boer "secoue un peu plus la grande négociation planétaire, à un moment où la confusion sur ses perspectives est totale." avant d'ajouter "durant la Conférence de Copenhague : M. de Boer n’a pas réussi à prendre la main face à une présidence danoise très directive, quoique très maladroite. Il a été marginalisé, ce qui a conduit à l’accord de Copenhague, un texte sans statut juridique et mal accepté par les pays du Sud." Le départ de de Boer serait "le symptôme de l’incertitude qui entoure les négociations" avant de conclure "La négociation climatique est dans un trou d’air. La démission de M. de Boer a le mérite de le faire savoir. Une bonne communication…"
