Cinq fois moins de sondages ? (Piketty/Liberation)
Gilles Klein - - 0 commentairesDans sa chronique hebdomadaire publiée par Libération,
l'économiste Thomas Piketty se déclare favorable à une loi régulant les sondages.
"ll reste un peu plus d’un an avant le premier tour de l’élection présidentielle. Toutes les semaines, puis tous les jours, nous allons être abreuvés de sondages sur les intentions de vote., écrit Piketty. Chaque fait et geste des candidats seront interprétés à cette aune. Le problème, c’est que malgré leur sinistre bourde de 2002 (personne n’avait prédit l’éviction de Jospin), les sondages ne sont toujours pas régulés comme ils devraient l’être. En gros, chacun peut continuer de publier les chiffres qu’il veut, sans donner les marges d’erreur, et encore moins les «secrets de fabrication»." L'économiste se déclare sans ambages en faveur de la publication d'intervalles pour donner les résultats obtenus dans un sondage : "Publier un intervalle de confiance pour chaque candidat aurait un double intérêt. Tout d’abord, on se rendrait compte que la plupart des écarts entre candidats ne sont statistiquement pas significatifs. En particulier, dans le cas du sondage publié le week-end dernier, plaçant Marine Le Pen à 23 %, devant Martine Aubry et Nicolas Sarkozy à égalité à 21 %, il est probable que tous les intervalles de confiance se chevauchent - pour ces trois candidats comme d’ailleurs pour tous les candidats socialistes! " "Pour finir, l’effet d’une telle loi serait d’inciter les sondeurs et les médias à faire moins de sondages, mais à augmenter leur fiabilité. Par exemple, en publiant 5 fois moins de sondages, et en multipliant par 5 la taille des échantillons utilisées (de 1 000 à 5 000 personnes), les marges d’erreur seraient divisées par près de 3. Le débat public y gagnerait en qualité, et les sondeurs en crédibilité." | Libération mardi 8 mars 2011 |
En faveur d'une loi, Piketty, mais quelle loi ? Celle que les sénateurs ont voté à l'unanimité mi-février, et que ses deux initiateurs ont présenté dans la dernière Ligne j@une.