Chute du CAC 40 : la faute à Hollande et... à la Hollande

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Plus bas niveau pour le CAC 40 hier depuis le début de l’année. Les raisons misent en avant par les médias sont les mêmes, mais pas dans le même ordre. Et ça change tout.

Grave inquiétude hier sur le plateau du 20 heures de TF1. François Hollande arrive en tête du premier tour et dès le lendemain, la bourse de Paris plonge comme jamais depuis le début de l'année. Laurence Ferrari se demande s'il n'y aurait pas un lien. Réponse du chef du service économique sur le plateau: “Les investisseurs s’interrogent sur la volonté de François Hollande, s’il est élu président, de renégocier le traité européen pour y introduire des mesures de relance en Europe”. Sur TF1, la chute de la bourse s’explique donc en premier lieu par la crainte des marchés d’une possible élection du candidat socialiste.

Quelques minutes plus tard sur France 2, le journaliste économique Jean-Louis Chapel semble répondre à son confrère : “Les marchés sont plus inquiets sur la Hollande que sur François Hollande”. Il explique: “Le gouvernement des Pays-Bas vient de présenter sa démission (Nous en parlons ici, ndlr). Les déficits sont plus élevés que prévu. La crise budgétaire se transforme en crise politique”. Et face aux difficultés de la Hollande à boucler son budget, c’est “le risque d’une crise de la dette dans la zone Euro [qui] resurgit”.

L’explication hollandaise (le pays, pas l’homme) n’avait pas échappé à TF1. Le journaliste de la première chaîne explique même qu'elle a “pesé très lourd” dans le dévissage de la bourse. Pourtant elle arrive seulement en dernière position des causes qu'il évoque, après la montée du vote extrême, “considéré comme facteur de troubles sociaux”.

Différence dans le lancement des présentateurs et dans la hiérarchie des causes du dévissage des bourses picto

Comme on le voit, l'avantage avec les marchés, c'est qu'on peut leur prêter les intentions que l'on veut. Et on observe ainsi deux tendances dans les quotidiens pour expliquer la réaction des investisseurs. Pour Le Figaro, “le marché parisien réagit au résultat du premier tour de l’élection présidentielle française, à la démission du gouvernement néerlandais et à la publication d’indicateurs”. Léger décalage avec le titre de l’article où l'explication franco-française est mise en avant: ”Présidentielle: la nervosité gagne la bourse de Paris ”. Libe.fr partage cette analyse avec un titre là aussi focalisé sur la cause hollandaise (l’homme cette fois): “Les bourses européennes chutent devant les incertitudes de la politique française.”

Explication totalement opposée pour Lemonde.fr, selon qui il s’agit d’”un accèsde faiblesse causé non pas par les résultats du premier tour de l'élection présidentielle, mais davantage par la démission du gouvernement néerlandais de Mark Rutte et des indicateurs de conjoncture extrêmement décevants. Enfin Les Echos placent “la très légère avance” de François Hollande sur le président sortant très loin derrière la menace sur le triple A des Pays-Bas, les indicateurs décevants en Chine et les nouvelles inquiétudes sur la zone Euro.

Qu'avaient en tête les marchés en faisant plonger le CAC40 et toutes les bourses européennes hier ? Nous ne sommes pas parvenus à les joindre pour obtenir leurs explications.

(Par Sophia Aït Kaci)

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