Censure : Rue89 et Le Monde réveillent Mitterrand en week-end

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Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a ordonné samedi 13 février au directeur de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris de ré-accrocher sur sa façade une série de banderoles moquant le slogan sarkozyste "travailler plus, pour gagner plus". Ces banderoles, conçues par une jeune plasticienne chinoise, avaient été décrochées mercredi par la direction de l'école. Rue89, entrainant plusieurs médias, y avait vu une marque de censure. Mitterrand, dans un premier temps, avait refusé d'intervenir.

Tout était réuni pour créer un scandale. L'objet du délit : une série de quatre banderoles, "travailler", "moins", "gagner", "plus", moquant à l'évidence le slogan sarkozyste, "travailler plus pour gagner plus". La victime : une artiste chinoise de 32 ans, Ko Siu Lan, auteur des banderoles. Le lieu : les façades de l'école des Beaux-Arts de Paris. Le crime : mercredi, ces banderoles étaient décrochées, sur demande du directeur, Henry Claude Cousseau, révélait Rue89.

Cousseau se justifiait laborieusement jeudi : "Sans titre, sans nom d'auteur, sans mention relative à l'exposition, le caractère de l'oeuvre se réfère explicitement à un contexte politique. Son auteur a souhaité, par la présentation sur la voie publique, utiliser spectaculairement comme médiation de son message un bâtiment de l'Etat voué à l'enseignement" ajoutant que cette oeuvre porte "atteinte à la neutralité du service public". En privé, le directeur de l'école, selon Rue89, aurait expliqué ne pas vouloir braquer le ministère de l'Education, en période de re-négociation de la subvention à l'école.


Le Monde daté samedi 13 février 2010

Vendredi le cabinet de Mitterrand estimait : "c'est un problème entre l'artiste et l'école, le ministre laisse l'école gérer.» Le Monde publiait l'information avec une photo, et parlait de censure.

Samedi, épilogue : un communiqué du ministère annonçait : "le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a demandé que l'oeuvre artistique soit réinstallée sur la façade de l'Ecole des beaux-arts, et ce dans les délais les plus brefs compte tenu des contraintes matérielles nécessitées par cette opération."

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